VisionQuest, la nouvelle série de Marvel Studios diffusée sur Disney+ à partir du 14 octobre, reprend le personnage de Vision, incarné une nouvelle fois par Paul Bettany. Pour la critique, cette huitième série de la franchise s’adresse avant tout aux spectateurs les plus assidus de l’univers cinématographique Marvel, et sa réussite tient à la capacité de ces fans à suivre un récit qui se nourrit en permanence de son passé.
- La série s'adresse principalement aux fans de l'univers Marvel, nécessitant des connaissances préalables.
- Les échanges entre intelligence artificielle apportent un aspect intéressant mais s'usent rapidement.
- L'intrigue se complexifie avec plusieurs fils narratifs, perdant en intensité vers la fin.
- Le fond philosophique et la profondeur restent faibles malgré quelques scénarios prometteurs.

Une série qui suppose de connaître tout l’univers
Le programme commence par un rappel rapide de ce qui s’est passé auparavant. Vision, synthézoïde créé par Ultron, a été ressuscité par Wanda Maximoff après sa mort, avant de se retrouver face à une version blanche de lui-même dont les souvenirs ont été transférés. Pourtant, la critique conseille de revoir d’autres épisodes de la franchise avant de se lancer. WandaVision, qu’elle considère comme la meilleure série produite à ce jour par la division télévisuelle du studio, figure en tête de liste, tout comme Avengers : L’Ère d’Ultron sorti en 2015. Quelques lectures de la série Agatha All Along, spin-off sorcier de WandaVision, ne seraient pas superflues non plus.
Cette exigence de culture préalable n’a rien de nouveau dans l’univers Marvel, mais elle prend ici une dimension particulière. Le critique reconnaît que Marvel a déjà su porter à l’écran des projets issus de bandes dessinées très pointues, comme Werewolf by Night, sans imposer de prérequis lourds au spectateur. VisionQuest, elle, paraît conçue d’abord pour les initiés, ceux qui repèrent les clins d’œil et récitent par cœur l’historique des personnages. Le reproche d’une œuvre trop tributaire du reste de la saga revient, selon la critique, à propos d’une production qui semble s’adresser à un public de plus en plus restreint.
Un duo d’intelligences artificielles qui porte la série
Dans cette nouvelle aventure, Vision a trouvé refuge à Édimbourg, où il tient le bar d’un pub tout en se cachant des autorités. Le reste de son temps, il se met en veille et rejoint son monde intérieur, un domaine virtuel où vivent d’autres intelligences artificielles, parmi lesquelles J.A.R.V.I.S., ancien assistant personnel des Avengers, incarné par James D’Arcy, ou encore F.R.I.D.A.Y., jouée par Orla Brady. Au sommet de cette hiérarchie fictive figure aussi Ultron, interprété par James Spader. Ce dernier, dont la conscience a été sauvegardée par Vision, s’est vu imposer une cage dorée et une règle stricte : pas d’avatar humain dans cet environnement. Il prend donc la forme d’un homme à la barbe de sorcier, voisin de la série The Blacklist.
C’est dans ces échanges que la série trouve son meilleur atout. La critique salue la complicité entre Spader, qui excelle dans les répliques sarcastiques en coin de bouche, et Bettany, qui leur répond avec aisance. Le dialogue entre Vision et Ultron, qui se lance des piques, donne un contrepoint bienvenu à la mélancolie du héros. « Les humains restent pour moi des créatures contradictoires », se plaint Vision. « Inutile de me le dire, j’ai tenté de les tuer tous », lui répond Ultron. Le critique estime que cette dynamique finit toutefois par s’user à mesure que les plaisanteries s’enchaînent.
Une intrigue qui s’étire et un fond qui manque
La dimension philosophique tient surtout à la fameuse question du « navire de Thésée », déjà abordée dans le final de WandaVision. Le nouveau Vision est-il ou n’est-il pas le véritable Vision ? Cette crise d’identité sert de fil rouge au récit, et F.R.I.D.A.Y. le formule ainsi : « Comment quelqu’un peut-il te connaître si tu ne te connais pas toi-même ? » Terry Matalas, le showrunner, et son équipe de scénaristes et de réalisateurs parviennent, selon la critique, à mêler cette quête intime à quelques gags visuels et à des scènes d’action bien dosées, avant que l’intrigue secondaire ne prenne le dessus.
Car les fils narratifs se multiplient rapidement. Un pickpocket à Londres pourrait être Tommy Maximoff, interprété par Ruaridh Mollica, l’un des fils perdus de Vision. Un chasseur de primes nommé Paladin, joué par Todd Stashwick, a été engagé par un commanditaire inconnu pour éliminer Vision. Un tueur en série surnommé Butcherbird multiplie les victimes, et Vision cherche à relier ces meurtres entre eux. Le critique considère que les lecteurs des comics identifieront assez vite le personnage mystérieux qui se cache derrière ces intrigues.
La série débute pourtant avec assurance, avant de perdre peu à peu de sa force. Le récit se conclut sur une impression de vide, comme si la série servait avant tout à préparer Avengers : Doomsday, attendu en décembre. Pour la critique, la question de l’intelligence artificielle, qui aurait pu donner de la profondeur au projet, reste pratiquement absente. Vision porte le titre de la série, mais c’est bien la vision qui fait défaut à VisionQuest.