Les États-Unis viennent de conclure un accord pour partager les droits sur les réserves minérales de l’Ukraine, des ressources essentielles pour la haute technologie et le secteur militaire. Cependant, plusieurs obstacles demeurent avant que ces promesses ne se matérialisent, notamment la résolution du conflit avec la Russie.

- Les États-Unis ont conclu un accord avec l'Ukraine pour partager ses réserves minérales.
- Cependant, des obstacles restent, notamment le conflit avec la Russie.
- L'accord vise à aider l'Ukraine économiquement et à réduire la dépendance des États-Unis envers la Chine.
- Un climat sécuritaire stable est nécessaire pour attirer les investissements nécessaires.
L’accord permet aux États-Unis d’accéder à des ressources minérales cruciales, utilisées dans divers domaines allant de l’électromobilité à l’industrie militaire. Toutefois, selon des experts, le chemin vers une exploitation effective est semé d’embûches. Parmi celles-ci figurent l’absence d’études modernes sur les dépôts minéraux et la nécessité de réparer une infrastructure énergétique malmenée par des bombardements.
Le président Donald Trump a estimé que cet accord pourrait rapporter « des centaines de milliards d’euros », bien plus que ce que l’Ukraine tire actuellement en redevances sur ses matières premières. L’ambition américaine vise également à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui contrôle plus de 90% du traitement mondial des minerais critiques.
Expertise
Gracelin Baskaran, directeur du programme de sécurité des minéraux critiques au Center for Strategic and International Studies, a indiqué : « L’une des choses qui est attrayante à propos de l’Ukraine est que beaucoup de réserves ont été aspirées par les Chinois… ». De plus, cette situation ouvre aussi la voie à un développement potentiel du gaz et du pétrole en mer Noire.
Économie ukrainienne
Nataliia Shapoval, vice-présidente de la Kiev School of Economics, note qu’il y a « une bonne affaire » potentielle tant pour l’Ukraine que pour les États-Unis. Elle souligne : « Cela établit l’État pour la reprise et le développement ». Cependant, sans mise en place d’un climat sécuritaire stable face à l’agression russe actuelle ou clarification définitive concernant un éventuel cessez-le-feu, il sera difficile d’attirer les investissements nécessaires.
Contexte diplomatique
Pour rappel, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait proposé cette participation dans les ressources naturelles comme argument lors du soutien américain envers son pays. Néanmoins, cela a engendré des désaccords non seulement avec Trump mais aussi au sein même des discussions diplomatiques entre Kyiv et Moscou.
Évaluation économique
L’Ukraine détient environ 5% des matières premières critiques dans le monde, telles que le lithium ou l’uranium. Cependant, Gracelin Baskaran avertit qu’il faudra probablement plusieurs années avant d’avoir une évaluation précise sur leur viabilité économique réelle : « Il faut généralement environ 18 ans après avoir trouvé un dépôt viable pour commencer l’extraction ».
Investissement et conflit
Denys Aloshyn remarque quant à lui qu’un investissement historique étranger fait défaut sur le territoire ukrainien : malgré son optimisme concernant un partenariat avec Washington, des progrès substantiels restent peu probables dans ce domaine essentiel au futur économique post-guerre, tant que durera ce conflit russo-ukrainien.