Le festival Essential Ellington, organisé par Jazz au Lincoln Center, a célébré son 30e anniversaire ce week-end à New York. Trente Big Bands de jeunes musiciens du monde entier se sont affrontés dans un concert qui met en avant la richesse et l’histoire du jazz, tout en rendant hommage à Duke Ellington.
Un événement riche en histoire
Dans le vestiaire derrière la scène de l’Opéra métropolitain, le trompettiste Wynton Marsalis observait avec attention les performances des participants. Il a souligné que pour être un bon musicien de jazz, il ne suffit pas de jouer rapidement ou fort ; chaque morceau est une opportunité de démonstration musicale.

Cette année, sur les 127 Big Bands ayant soumis leur candidature, seulement 30 ont été retenus. Ils venaient des États-Unis ainsi que d’Australie, du Japon et d’Espagne. Chaque groupe avait préparé trois morceaux issus du répertoire d’Ellington pour tenter de gagner le concours.
Évolution de la compétition
L’événement a connu une évolution significative depuis ses débuts. Les organisateurs ont déterminé que la pression excessive liée aux concours n’était plus bénéfique et ont modifié le format pour encourager une ambiance collaborative. Ainsi, les jeunes musiciens participent non seulement à des compétitions mais aussi à des cliniques avec des professionnels et partagent des repas selon leurs instruments plutôt que par école.
Julius Tolentino, directeur du jazz à Newark Academy dans le New Jersey dont l’ensemble a remporté la compétition 2024, a déclaré : « C’est comme le Top Arts Festival […] Il n’y a rien qui se compare ».
Des efforts pour revitaliser l’éducation musicale
L’organisation va au-delà du simple cadre compétitif; elle offre également un programme annuel destiné aux directeurs de groupes scolaires et s’assure que les compositions essentielles restent accessibles grâce à un partenariat avec des archives historiques telles que celles du Smithsonian.
Todd Stoll, vice-président éducation au Jazz au Lincoln Center, explique : « Le point de vue historique de cette musique était crucial, ce n’était pas quelque chose sur lequel il y avait beaucoup de concentration ».
Wynton Marsalis insiste quant à lui sur l’importance cruciale d’Ellington dans ce canon musical vivant : « Lorsque vous créez une nouvelle mythologie, combien de temps avez-vous pour attaquer l’ancienne mythologie ? »
L’exploit marquant d’un lycée public
Memphis Central High School a réalisé un exploit remarquable cette année en remportant la première place malgré ses ressources limitées.
Le Dr Ollie Liddell mentionne avoir douté initialement devant le niveau affiché par certains concurrents lorsqu’il découvre ces événements via YouTube : « Nous n’allons jamais avoir un groupe aussi bon ». Pourtant, son équipe réussit avec panache lors dernier concert où l’interprétation vibrante de « Rockabye River » illumine la scène.
La soirée témoigne bien que même sans cynisme ni pression excessives comparables aux récits cinématographiques comme Whiplash, les élèves apportent leurs voix uniques au caractère vivant qu’incarne toujours le jazz aujourd’hui.