Le marché de l’horlogerie traverse une période tumultueuse, oscillant entre un faste passé et une crise actuelle. Alors que le secteur du vintage connaît une forte hausse, les montres modernes peinent à maintenir leur cote auprès des consommateurs.
Une créativité florissante au début du XXIe siècle
Au début des années 2000, le secteur horloger connaît un véritable âge d’or. Ce phénomène est marqué par l’émergence de ce que l’on appelle « la nouvelle horlogerie », fruit d’une créativité débordante et d’une croissance remarquable. De nombreuses jeunes marques innovent en proposant de nouveaux modèles qui bousculent les conventions établies.

Cependant, toutes ces manufactures n’ont pas réussi à s’imposer sur le marché. Malgré cela, elles ont forcé les acteurs traditionnels à diversifier leurs propositions face à cette concurrence audacieuse.
Un ralentissement inquiétant
La décennie suivante marque un retournement : le secteur se trouve confronté à des défis importants. Les ventes déclinent et la montée en puissance du marché de la seconde main, réunie sous le terme « vintage », commence à affecter lourdement le neuf. Les prix s’envolent et certaines montres atteignent jusqu’à 7 ou 8 fois leur valeur initiale entre 2010 et 2022.
Néanmoins, post-Covid, la situation se dégrade rapidement. Avec une demande qui chute brusquement, les prix des montres commencent à s’effondrer, souvent au point de tomber en dessous de leur coût d’achat pour plusieurs grandes marques – une première dans l’histoire récente de l’horlogerie.
L’impact des modèles inspirés par les années 1970
Les montres dont la demande a chuté sont principalement celles inspirées par les années 1970, période où plusieurs modèles emblématiques ont vu le jour. L’engouement pour ces pièces sur le marché secondaire recule simultanément avec celle des versions neuves relancées par les fabricants.
Aujourd’hui, certains modèles autrefois considérés comme « introuvables » attendent désespérément des acheteurs dans un contexte incertain.
Un retour vers l’audace lors du Salon de Genève
Face à cette situation critique, certaines maisons horlogères renouent avec l’esprit créatif originel observé au début des années 2000. Cela a été particulièrement visible lors du dernier Salon de Genève, où diverses marques ont osé réintroduire une certaine audace dans leurs collections actuelles pour relancer l’intérêt autour de nouvelles créations.
L’horlogerie moderne semble ainsi chercher un nouvel élan dans cette conjoncture délicate tout en étant consciente des risques encourus dans un environnement économique volatile.