Wicked : For Good a injustement éclipsé deux autres œuvres originales du Magicien d'Oz

La comédie musicale Wickedadaptée en film en deux parties, revisite le célèbre conte du Magicien d’Oz tout en transformant les personnages traditionnels. La première partie, Wicked : For Gooda provoqué des critiques quant à sa représentation des protagonistes emblématiques comme l’Homme de fer blanc et le Lion lâche, abordant des thèmes de manipulation et de vengeance.

Wicked : For Good a injustement éclipsé deux autres œuvres originales du Magicien d’Oz

Une réécriture controversée de l’histoire

La comédie musicale Wicked est considérée comme l’un des plus grands succès théâtraux du XXIe siècle. Elle offre une version inédite des sorcières d’Oz, plaçant la méchante sorcière de l’Ouest, Elphaba, au centre d’une nouvelle narration qui la dépeint comme une héroïne incomprise. En novembre dernier, Wicked s’est poursuivi sous forme cinématographique avec la sortie de Wicked : For GoodCe film conclut l’histoire tout en ajoutant de nouveaux numéros et scènes pour enrichir l’expérience visuelle.

Malgré ses succès artistiques, le film a été critiqué pour sa représentation déformée d’autres personnages issus de l’œuvre originale de L. Frank Baum. Le lion lâche et l’Homme de fer blanc voient leurs récits interprétés d’une manière qui nuit à leur caractère initial et ose remettre en question leur intégrité morale.

L’histoire du lion : un personnage ingrat

Dans le récit original et son adaptation sur grand écran datant de 1939, le Lion lâche est présenté simplement comme un animal manquant de courage souhaitant obtenir cet attribut grâce au Sorcier. Cependant, dans Wicked : For Goodson origine est tissée directement avec celle d’Elphaba. Un événement marquant dans son enfance modifie sa perception; il considère que « les méchants m’ont sorti [de ma cage] alors qu’il était petit ». Cette déclaration illustre comment son passé héroïque se transforme désormais en rancœur envers celle qui lui a sauvé la vie.

L’acte salvateur réalisé par Elphaba – libérer un lionceau terrifié – devient ainsi perçu négativement par le Lion adulte qui confond sauvetage avec enlèvement. Cette vision biaisée ne fait que ternir davantage son caractère.

Boq transformé : du héros tragique au méchant redoutable

Un autre personnage mis à mal dans cette réinterprétation est Boq qui devient l’Homme de fer blanc après une série d’événements tragiques liés à Nessarose, la sœur d’Elphaba. Dans ce nouvel arc narratif, Boq se retrouve assoiffé de vengeance contre Elphaba lors du numéro « La Marche des chasseurs de sorcières », déclarant même : « Alors pour une fois, je suis content d’être sans cœur. Je serai sans cœur en la tuant ! »

Cette rage excessive semble disproportionnée face aux événements qu’il a vécus au préalable; il avait volontairement entretenu une relation toxicomane avec Nessarose avant qu’elle ne tente magiquement de contrôler son amour pour elle.

Des choix scénaristiques douteux

La relecture proposée par Wicked souligne brillamment les nuances du personnage d’Elphaba mais entraîne un coût narratif considérable pour Boq et le Lion lâche dont les personnalités sont profondément altérées pour servir une intention narrative centrée uniquement sur Elphaba.

En finançant le thème central autour des notions d’injustice concernant Elphaba jusqu’à entraîner les autres personnages vers l’obscurité morale ou leur perte totale d’humanité (Boq devenu meurtrier), cette adaptation nous laisse interroger nos sympathies initiales envers ces figures classiques du conte enchanteur.

Le succès critique entoure toujours cette transposition audacieuse ; cependant elle met également à mal certaines dynamiques essentielles qui ont fait la richesse émotionnelle originale du monde créé par Baum.