William H. Luers, diplomate et soutien du dissident tchèque, est décédé à 95 ans

William H. Luers, ancien ambassadeur des États-Unis en Tchécoslovaquie et défenseur déterminé de Vaclav Havel, est décédé le samedi 28 octobre 2023 à son domicile à Washington Depot, dans le Connecticut. Il avait 95 ans et sa femme, Wendy Luers, a indiqué que la cause était le cancer de la prostate.

Un partenariat inattendu : ambassadeur et dissident

Arrivé en Tchécoslovaquie en 1983 dans un contexte de tension politique sous domination communiste, M. Luers s’est rapidement impliqué pour soutenir Vaclav Havel, un dramaturge devenu dissident pacifique connu pour son opposition au régime autoritaire. En mobilisant des personnalités culturelles américaines telles qu’El Doctorow et Kurt Vonnegut pour attirer l’attention sur Havel, il espérait réduire les risques d’assassinat ou d’arrestation qui pesaient sur lui.

William H. Luers, diplomate et soutien du dissident tchèque, est décédé à 95 ans

« J’ai passé une grande partie de ma carrière avec des artistes et des écrivains, faisant la promotion des arts », a déclaré M. Luers lors d’une interview en 2022, ajoutant : « Je craignais que les communistes puissent l’empoisonner ou le remettre en prison ». Grâce aux visites publiques orchestrées par M. Luers, M. Havel a bénéficié d’une protection indirecte face aux autorités communistes qui étaient intimidées par cette attention internationale croissante.

Une carrière diplomatique riche

M. Luers a eu une brillante carrière au sein du service extérieur américain durant près de 29 ans, intervenant sous cinq administrations successives pendant la Guerre froide. Parlée couramment russe et espagnol, il fut notamment ambassadeur au Venezuela (1978-1982) avant son affectation à Prague (1983-1986).

Entre autres missions significatives lors de sa carrière diplomatique marquée par divers conflits internationaux tels que l’arrivée soviétique cet été-là après les événements du Printemps de Prague en 1968, il s’est illustré comme un fervent défenseur des affaires européennes orientales.

L’héritage d’un protecteur culturel

Après avoir pris sa retraite du service extérieur en 1986, William Luers devient président du Metropolitan Museum of Art à New York pendant treize ans où il réforma difficilement finances et fonctionnement tout en encourageant la croissance institutionnelle.

À propos du soutien continu qu’il apporta à Vaclav Havel jusque-là même après ses fonctions officielles à Prague jusqu’à ce dernier se voit élu président post-révolutionnaire du pays avec enrichissement démocratique majeure depuis 1990, James L. Greenfield déclarait : « Bill Luers a eu une carrière remarquable – en fait plusieurs carrières ».

Son engagement auprès de figures clés tel que George W. Bush démontra également un lien fort entre cultures américaines et tchèques dont l’effet perdura même longtemps après la chute officielle des régimes communistes.

Parmi ses publications notables figure « Une entreprise inhabituelle : dissidents et diplomates, ennemis et artistes », sortie récemment tandis qu’il continua son œuvre jusqu’à ses derniers jours…

Le décès de William H. Luers laisse derrière lui non seulement un héritage mémorable mais aussi une marque indélébile laissée sur le cours moderne historique mondial, tant comme artiste-souteneur prolibertaire que comme diplomate averti dans ces temps critiques.