Jugés trop bizarres pour séduire le grand public, plusieurs films de science-fiction ont trouvé un public de passionnés. Parmi eux, trois longs-métrages sortis entre 1998 et 2018 illustrent ce phénomène.

Annihilation (2018)
Sorti en 2018, Annihilation est un film d’horreur cosmique dont les racines se trouvent dans la science-fiction. Adapté librement du roman homonyme de Jeff VanderMeer, le long-métrage d’Alex Garland réunit Natalie Portman, Jennifer Jason Leigh, Tessa Thompson, Gina Rodriguez et Oscar Isaac. Il suit un groupe de scientifiques chargé d’enquêter sur un phénomène étrange : une flore et une faune mutantes, provoquées par une présence extraterrestre.
La présentation visuelle résolument singulière du film s’est révélée, en fin de compte, trop forte pour le grand public. L’œuvre n’est pas la plus accessible pour les amateurs occasionnels de science-fiction, mais son récit plus profond et ses idées intrigantes lui ont valu d’être salué comme un chef-d’œuvre moderne du genre.
EXistenZ (1999)
En 1999, le cinéaste David Cronenberg, connu comme le maître du body horror, s’aventure dans la science-fiction avec eXistenZ. Le film, qui comporte de légers éléments d’horreur, relève avant tout de la science-fiction d’action. Jennifer Jason Leigh y incarne une créatrice de jeux qui met au point un jeu en réalité virtuelle de pointe, lequel attire l’attention d’assassins et d’une entreprise rivale.
Malgré une distribution comprenant Jude Law, Ian Holm, Callum Keith Rennie, Willem Dafoe, Sarah Polley et Christopher Eccleston, le film n’a jamais rencontré de succès grand public. L’article attribue cet échec à une imagerie bio-punk particulièrement déstabilisante, qui a certes permis au film de se démarquer, mais qui s’est révélée trop forte pour le public généraliste.
Dark City (1998)
Sorti en 1998, Dark City fait partie des films des années 90 oubliés, malgré un culte important. Son récit de science-fiction sombre intègre des codes de l’horreur surnaturelle et une touche de fantasy, ce qui rend moins évident, au premier abord, son statut de film cyberpunk.
Le film suit John Murdoch, un homme amnésique soupçonné de meurtre, qui tente de découvrir la vérité tout en échappant à un groupe mystérieux appelé « Strangers ». Son influence sur The Matrix serait, selon l’article, injustement négligée. Sa présentation néo-noir n’était pas prête à être accueillie par le public de 1998. Son ambiance et sa narration ont néanmoins suffi à séduire les amateurs de science-fiction sombre, et beaucoup continuent de le considérer comme largement sous-estimé, des décennies après sa sortie.