Chassé-croisé tragique au Nigeria : 51 élèves retrouvés après un enlèvement massif

Le 23 novembre, le président du Nigeria, Bola Ahmed Tinubu, a annoncé que 51 des 303 élèves enlevés dans une école catholique mixte de l’État du Niger ont réussi à s’échapper et à retrouver leurs familles. Alors que cette situation soulève des inquiétudes croissantes face aux violences récurrentes dans le pays, d’autres attaques ont également été rapportées.
Un enlèvement choquant
L’attaque s’est produite le 21 novembre, lorsqu’un groupe armé non identifié a pris d’assaut l’école Saint Mary, entraînant l’enlèvement de 303 élèves et 12 enseignants. Ces jeunes, âgés de 8 à 18 ans, représentent près de la moitié des étudiants inscrits dans cet établissement. La évacuation a suscité des réactions politiques ; Tinubu a exprimé sa satisfaction sur X, se déclarant « heureux que 51 des élèves disparus de l’école catholique aient été retrouvés ».
Deux autres attaques en début de semaine
À quelques centaines de kilomètres, une autre attaque a eu lieu le 17 novembre dans un lycée de l’État voisin de Kebbi, où des hommes armés ont enlevé 25 jeunes filles, dont une seule est parvenue à fuir. Près d’une semaine plus tard, les autres restent disparues malgré la localisation présumée de leurs lieux de détention.
Le lendemain soir, une église pentecôtiste située à Eruku a été attaquée durant un service retransmis en direct. Deux personnes ont perdu la vie et plusieurs sont portées disparues. En réponse aux violences répétées, Tinubu a annulé ses engagements internationaux et a confirmé que les forces de sécurité avaient réussi à libérer « les 38 fidèles » captifs lors cette attaque.
L’impact sur l’éducation
Ces vagues d’enlèvements provoquent la fermeture préventive d’établissements scolaires à travers tout le Nigeria. Ce pays est déjà confronté depuis plus d’une décennie à l’insurrection islamiste au nord-est et aux activités criminelles croissantes menées par des groupes locaux appelés « bandits ». Ces actes sont souvent accompagnés d’enlèvements pour rançon.
Ce contexte rappelle douloureusement l’énorme enlèvement qui eut lieu en avril 2014 quand près de 300 filles furent capturées par Boko Haram à Chibok. Plus d’une décennie après ces événements tragiques, certaines restent toujours introuvables. Aisha Yesufu, cofondatrice du mouvement #BringBackOurGirls (Ramenez nos filles), déplore que les autorités n’agissent pas efficacement contre ces crimes.
Des réactions internationales
La récente succession d’attaques n’a pas échappé aux critiques internationales. L’ancien président américain Donald Trump avait qualifié ces événements survenant au Nigeria « de honte ». Il accusa même les autorités nigériennes de tolérer les meurtres commis par des islamistes radicaux contre les chrétiens. De son côté, Abuja condamne ces accusations comme étant « erronées », niant toute forme systématique de persécution religieuse dans un pays profondément divisé entre musulmans au nord et chrétiens au sud.
Face à ce cycle interminable de violence et d’enlèvements massifs pour rançon ou représailles religieuses, la situation reste extrêmement préoccupante pour la sécurité scolaire et civile au Nigéria.