Beaucoup de films aujourd’hui considérés comme cultes ont d’abord déçu en salles, parfois même été critiqués dès leur sortie. Quatre titres illustrent ce phénomène, de Hocus Pocus à The Big Lebowski, en passant par Donnie Darko et Jennifer’s Body.

Hocus Pocus, un classique d’Halloween au départ mal accueilli
Devenu un incontournable de la période d’Halloween, Hocus Pocus n’a pourtant pas été bien accueilli lors de sa sortie, en 1993. Le film suit Max Dennison (Omri Katz), un adolescent qui ressuscite par accident les sœurs Sanderson, trois sorcières : Winifred (Bette Midler), Sarah (Sarah Jessica Parker) et Mary (Kathy Najimy). Leur objectif est de voler la force vitale des enfants de Salem afin de retrouver leur jeunesse. Max doit les arrêter avec l’aide de sa petite sœur Dani (Thora Birch) et de son amie Allison (Vinessa Shaw).
Le long-métrage, produit par Disney, est sorti au cœur de la saison des blockbusters estivaux, face à Jurassic Park. Les critiques reprochaient notamment à son humour d’être outrancier et à son scénario de manquer d’intérêt. Une diffusion régulière à la télévision, chaque année autour d’Halloween, a finalement changé la donne. Le succès a ensuite conduit à une suite, et un troisième volet est déjà en préparation.
Jennifer’s Body, une campagne marketing trompeuse
Peu de films ont souffert autant que Jennifer’s Body de leur promotion. L’histoire suit Jennifer Check (Megan Fox), une lycéenne populaire sacrifiée par un groupe lors d’un rituel occulte, qui se transforme en créature se nourrissant de garçons. Sa meilleure amie, Needy (Amanda Seyfried), doit comprendre ce qui lui est arrivé et empêcher d’autres élèves de mourir. La campagne publicitaire misait surtout sur la notoriété de Megan Fox, alors que le film visait un propos bien différent.
Le film voulait explorer l’amitié entre les deux jeunes filles, la sexualisation des jeunes femmes et la manière dont les hommes peuvent en profiter. Une partie du public s’attendait à quelque chose de bien plus superficiel, et le box-office décevant a contribué à faire de Jennifer’s Body une occasion manquée. Selon le texte, le film a depuis séduit une nouvelle génération, notamment des jeunes filles ayant grandi avec des personnages féminins répartis entre la fille parfaite et la rivale jalouse.
The Big Lebowski et Donnie Darko, des films qui ont pris du temps
Réalisé par les frères Coen à la fin des années 1990, The Big Lebowski met en scène Jeffrey Lebowski, dit The Dude (Jeff Bridges), un homme détendu pris dans un enlèvement présumé après avoir été confondu avec un millionnaire du même nom. L’intrigue, peu structurée et pleine de personnages excentriques, a frustré ceux qui attendaient un polar dans la lignée de Fargo. Les générations suivantes ont toutefois apprécié cette approche, en voyant dans le personnage bien plus qu’un paresseux amateur de bowling.
Au début des années 2000, Donnie Darko, avec Jake Gyllenhaal, a lui aussi peiné à trouver son public. Le film, dont l’héros échappe à la mort lorsqu’un moteur d’avion tombe dans sa chambre, mêle science-fiction, voyage dans le temps et drame adolescent. Sa sortie est intervenue peu après les attentats du 11 septembre, ce qui a compliqué les choses. Il a finalement trouvé un second souffle grâce à sa sortie en DVD et aux recommandations de spectateurs désireux d’en débattre.