Sorti le 22 octobre 1982, Halloween III : Season of the Witch a d’abord été mal accueilli, avant d’être réévalué bien plus favorablement ces dernières années. Le film s’écarte de Michael Myers, la figure centrale de la saga, et c’est précisément ce choix qui a divisé à sa sortie.

Le premier Halloween de John Carpenter, sorti en 1978, figure parmi les meilleurs films d’horreur jamais réalisés. Il a contribué à définir le genre du slasher et à lancer la mode des tueurs masqués des années 1980. La franchise se poursuit aujourd’hui, mais les nouvelles aventures de Myers n’ont pas reçu les mêmes éloges de la critique. La plupart des suites sont jugées répétitives et peu passionnantes, et l’un des aspects les plus intéressants de la saga vient justement du plus singulier de ces prolongements.
Après le succès du premier film, le producteur Irwin Yablans réclame une suite. Carpenter, qui vient de travailler sur The Fog, accepte à contrecœur de produire Halloween II, réalisé par Rick Rosenthal en 1981. Le long-métrage devait conclure l’histoire de Myers, du docteur Loomis et de Laurie Strode, en se terminant par la mort de Myers et de Loomis, un point qui a été remis en cause par la suite.
Pour un troisième film, Carpenter et sa coscénariste Debra Hill ne acceptent de participer que si l’histoire ne prolonge pas directement le second volet. Ils décident alors, avec le scénariste et réalisateur Tommy Lee Wallace, de transformer Halloween en série d’anthologie : chaque film raconterait une histoire d’horreur indépendante, dans l’esprit d’une version longue de The Twilight Zone. Le troisième épisode imagine ainsi une entreprise fabriquant des masques d’Halloween, dont le plan sinistre consiste à tuer des millions d’enfants. Le scénario s’inspire notamment du film Invasion of the Body Snatchers, sorti en 1956.
Un accueil critique très négatif
À sa sortie, le film reçoit des critiques défavorables, qui le jugent confus et ennuyeux. Certains lui reprochent un ton nihiliste et anti-capitaliste, et l’ensemble est perçu comme un écart trop important par rapport au récit simple de slasher des deux premiers films. Halloween III reste aussi le volet le moins rentable de la saga, avec 14,4 millions de dollars de recettes pour un budget de 4,6 millions de dollars.
Les projets de faire d’Halloween une série d’anthologie sont alors abandonnés. Michael Myers et le docteur Loomis reviennent dans Halloween 4 : Le Retour de Michael Myers, sorti en 1988. Depuis, la saga n’a plus quitté ses origines slasher, Myers apparaissant dans un nombre important de suites. Le troisième volet, lui, est largement oublié.
Une réévaluation tardive
Selon l’analyse qui défend le film, Halloween III reste la meilleure suite de la saga. Son récit original rompt avec une formule répétée à l’envi, et l’article estime qu’il aurait été préférable que la franchise accepte davantage de films indépendants les uns des autres. Les critiques initiales découlent largement du fait que le film s’éloigne de Myers. Pris pour lui-même, il est présenté comme divertissant, et plus proche d’une horreur cosmique que ne le sont les slashers.
Le texte souligne aussi la qualité des costumes et la force de l’intrigue, ainsi que l’effet durable du jingle de Silver Shamrock, qu’il est difficile d’oublier une fois qu’on l’a entendu. Le film n’est pas parfait, reconnaît l’article, mais il est jugé fascinant au sein de la saga. Les fans de la franchise sont invités à le découvrir, tout comme les spectateurs qui n’en sont pas, car il fonctionne, selon le texte, comme un film d’horreur de fête d’Halloween.