Michael Myers, le tueur de Halloween, est devenu l’une des figures les plus reconnaissables du cinéma d’horreur, et son masque blanc a été acheté 1,98 $ dans une boutique de costumes d’Hollywood. Ce détail continue d’amuser les amateurs du genre, alors que le personnage repose avant tout sur une présence silencieuse.

On peut débattre pendant des heures pour savoir qui de Jason Voorhees ou de Freddy Krueger l’emporterait dans un combat, ou quelle suite de Scream mérite le plus d’éloges. Mais un tueur qui bouge à peine et ne s’explique jamais a quelque chose de différent. Il ne plaisante pas et ne prononce pas de grand discours : il est simplement là.
Halloween introduit Michael Myers en 1978
Sorti en 1978, le film de John Carpenter repose sur un scénario simple. Michael Myers revient à Haddonfield après s’être échappé d’un établissement psychiatrique. Laurie Strode, interprétée par Jamie Lee Curtis, se retrouve rapidement en danger lors d’une nuit qui devait être ordinaire. Pas de pièges élaborés ni de règles surnaturelles à découvrir : Michael marche, observe et attend, laissant au spectateur le soin de s’inquiéter.
Ses gestes contribuent beaucoup à rendre le personnage inquiétant. Vers la fin du film, une scène illustre sa personnalité diabolique, cadrée de façon à susciter davantage de peur chez le public.
Le genre slasher n’est pas né de rien cette année-là. Black Christmas avait déjà placé un tueur invisible dans une maison de sororité en 1974, et The Texas Chain Saw Massacre avait montré à quel point une région rurale du Texas d’apparence ordinaire pouvait devenir terrifiante. Carpenter a tiré des leçons de cette vague et donné à la formule une précision nouvelle. Les plans en vue subjective donnent l’impression que le spectateur traque lui-même sa proie, et la musique de thème transforme quelques notes simples en avertissement. Laurie, héroïne débrouillarde, offre aussi au récit un personnage dont on souhaite la réussite.
Quand Friday the 13th est sorti en 1980, le public était déjà préparé aux tueurs masqués et aux adolescents confrontés à une très mauvaise nuit. Michael a contribué à faire de ce type d’horreur un événement majeur.
Un masque de Captain Kirk acheté 1,98 $
Le visage blanc de Michael Myers a d’abord été un masque du capitaine Kirk, modelé à l’effigie de William Shatner. Le concepteur de production Tommy Lee Wallace l’a acheté 1,98 $ dans une boutique de costumes d’Hollywood. Un des visages les plus marquants de l’horreur est donc né d’un déguisement à l’effigie du capitaine du Starship Enterprise.
Wallace a élargi les trous des yeux, retiré les sourcils et les favoris, puis peint le masque en blanc pâle tirant sur le bleu. Aucune créature complexe ni prothèse élaborée n’a été nécessaire. Le résultat est un visage qui n’exprime presque rien : Michael ne peut ni froncer les sourcils ni sourire, il se contente de fixer. Contrairement au visage marqué de Freddy Krueger, à la personnalité bavarde de ce dernier ou aux déguisements toujours plus élaborés des tueurs de la franchise Scream, le masque de Michael livre très peu d’informations. Le film ne cherche jamais à l’expliquer, et c’est dans cette retenue que le masque a fini par devenir un repère de l’horreur.