Il y a 55 ans, les têtes couronnées fêtaient les 2 500 ans de l'empire perse

En octobre 1971, le shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi et son épouse Farah Diba ont convié des familles royales européennes et de nombreux dirigeants à fêter les 2500 ans de l’empire perse. Les festivités ont réuni des chefs d’État et de gouvernement de pas moins de 69 pays, mais aussi des souverains d’Afrique et d’Asie.

  • En 1971, les dirigeants royaux et politiques de 69 pays ont assisté aux fêtes du 2500e anniversaire de l'empire perse en Iran.
  • Les festivités comprenaient un dîner de gala, un défilé historique à Persépolis diffusé mondialement et coûtèrent énormément.
  • L'opposition iranienne a critiqué l'événement pour son coût élevé, son aspect occidental et la glorification du passé antique.

Il y a 55 ans, les têtes couronnées fêtaient les 2 500 ans de l’empire perse

Parmi les invités figuraient l’empereur d’Éthiopie Hailé Sélassié, le roi Hussein de Jordanie et la princesse Muna, le roi Mahendra du Népal et la reine Ratna, ou encore le roi Moshoeshoe II du Lesotho. Étaient également présents le roi Abdul Halim de Malaisie, le prince Moulay Abdallah du Maroc, frère du roi Hassan II, ainsi que le prince Takahito de Mikasa, frère de l’empereur du Japon Hirohito, et sa femme, la princesse Yuriko. Plusieurs cheikhs et sultans des pays du Golfe étaient aussi là, venus d’Oman, du Koweït, de Bahreïn, du Qatar et de sept des États de la Trève, futurs Émirats arabes unis, alors sous protectorat britannique.

Un dîner de gala, puis un défilé à Persépolis

Les festivités ont débuté par un somptueux dîner de gala sous une immense tente dressée en plein désert. Le menu était orchestré par le restaurant parisien Maxim’s, et la soirée célébrait également les 33 ans de la shabanou, Farah Diba.

Le lendemain, le 15 octobre 1971, les invités ont pris place dans de longues tribunes installées au pied des ruines de la cité antique de Persépolis. Sous un soleil de plomb, ils ont assisté à un défilé grandiose, diffusé en mondovision, qui retraçait ces 2500 ans d’histoire de l’empire perse.

Le cortège traversait les siècles. Des soldats aux costumes reconstitués de l’armée de Cyrus le Grand, fondateur de l’empire achéménide au VIe siècle avant Jésus-Christ, aux soldats de la dynastie Pahlavi, sur le trône depuis 1925, plus de 1700 figurants défilaient. Ils étaient accompagnés de chevaux, dont certains tiraient des chars antiques, de dromadaires, de navires et de véhicules.

Un coût contesté et des critiques de l’opposition

Le coût de l’événement a rapidement fait débat. Le magazine américain « Time » estimait la dépense à 100 millions de dollars, tandis que d’autres médias évoquaient des évaluations allant de 300 millions à un milliard de dollars.

L’opposition iranienne, et notamment l’ayatollah Khomeini, s’est emparée de l’événement pour critiquer le shah et attiser le mécontentement populaire contre sa politique de modernisation. Le coût jugé exorbitant de la célébration était mis en avant, tout comme son caractère ostensiblement occidental et la glorification de l’Iran préislamique.

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