Le 5 avril 1960, le général de Gaulle et son épouse Yvonne sont accueillis avec faste à Victoria Station, Londres, par la reine Elizabeth II. Cet événement officiel est marqué par une réception chaleureuse et quelques contretemps cocasses liés à la calèche royale.
- En 1960, la visite de De Gaulle à la reine Elizabeth II a été chaleureuse mais a connu un imprévu avec des chevaux récalcitrants.
- De Gaulle a montré une grande émotion lors de cette réception et a reçu un accueil enthousiaste du public britannique.
- L'incident avec les chevaux a provoqué un léger embarras, mais n'a pas terni le souvenir positif de la visite.
- Cet événement symbolise l'amitié entre la France et l'Angleterre, malgré quelques tensions diplomatiques passées.

À leur arrivée, Victoria Station a été décorée pour l’occasion. Des tentures beige et rose bonbon recouvraient les murs, tandis qu’un long tapis rouge émaillait le quai réservé aux trains de France. Selon Marc Heimer dans Paris Match du 16 avril 1960, le général se montra ému, souriant « comme jamais on n’en avait vu de semblable ». Pour lui, être acclamé à Londres équivalait presque à une couronne.
La reine Elizabeth II était accompagnée de son mari, le prince Philip, duc d’Édimbourg. Après une poignée de mains prolongée au moment des présentations, elle invita le président français dans son landau. Marc Heimer souligne que Charles de Gaulle fit preuve d’une certaine tendresse en installant un plaid rouge sur les genoux de la souveraine.
Un imprévu lors du départ
Toutefois, cette belle cérémonie fut légèrement troublée par les six chevaux devant tirer la calèche qui refusèrent obstinément d’avancer. L’officier commandant le détachement tenta plusieurs fois de mobiliser les animaux sans succès. « Rien ne se passa », relatait notre journaliste en décrivant l’agitation grandissante des piqueurs.
Finalement, alors que tout semblait bloqué et pour éviter un embarras supplémentaire pour la monarchie britannique, le général prononça auprès de la reine : « Vous voyez bien que j’ai raison de me méfier des chevaux ». Cette mention ironique survint après qu’il ait poliment décliné l’offre d’inspecter la garde à cheval durant sa visite.
Quand enfin les chevaux se mirent en mouvement, mais reculèrent au lieu d’avancer, cela entraîna un sourire figé sur les visages du président français et de Sa Gracieuse Majesté. Puis finalement tirés dans le bon sens sous l’acclamation des Londoniens présents malgré un temps maussade, ils purent avancer vers Buckingham Palace.
Une foule enchantée
Les témoignages évoquent près de 100 000 supporters acclamant De Gaulle qui était venu soutenir leurs espoirs pendant des périodes difficiles « l’ami de l’adversité et des mauvais jours », selon Heimer. Malgré la pluie froide et menaçante ce jour-là, cet hommage a signifié beaucoup pour deux nations historiquement liées par leur passé commun.
L’accueil enthousiaste du peuple britannique démontre combien De Gaulle reste ancré dans les cœurs anglais comme celui qui a été là lorsque cela comptait vraiment : « À qui a montré de l’amour pour elle [l’Angleterre], ne l’oublie jamais », note Heimer en soulignant cet héritage mutuel entre deux géants européens lors d’un moment historique marquant encore aujourd’hui leurs relations diplomatiques.