L'accusé a requis que son avocat ne le représente pas lors du procès

Silence et drame : le procès inédit de Makhete M.

L’accusé a requis que son avocat ne le représente pas lors du procès

Jean-François Renaudie, avocat commis d’office, se retrouve face à un client silencieux lors du procès pour des accusations graves. Makhete M. accusé de tortures et viols sur ses compagnes et enfants, n’a pas souhaité s’exprimer pendant toute la durée de son procès, mettant ainsi son défenseur dans une position délicate.

Un contexte troublant

Makhete M. est jugé du 10 au 19 novembre par la cour d’Assises du Gers pour 22 chefs d’accusation, incluant torture, violences et viols sur conjoint. Dès sa garde à vue le 5 avril 2022, il a évoqué son droit au silence et a refusé l’assistance d’un avocat. Jean-François Renaudie précise : « Lorsque débute la garde à vue, on explique à la personne qu’elle a le droit de voir un médecin. a gardé le silence », ne s’exprimant qu’une seule fois en niant les faits qui lui étaient reprochés.

La nécessité de représentation

Lors de l’audience initiale devant le juge d’instruction, l’avocat rappelle qu’il a été désigné parce que « Makhete M. ayant refusé d’être défendu par une femme ». Après plusieurs renvoi et re-nomination d’avocats, Maître Renaudie reprend le dossier alors que la loi exige une défense aux Assises.

Une situation sans précédent

Cette affaire pose des dilemmes éthiques inédits dans le système judiciaire français. Jean-François Renaudie confie être confronté à des conflits entre ses obligations professionnelles et ses règles déontologiques : « Si je quitte la salle, j’encours des poursuites disciplinaires ». Malgré cette contrainte, Makhete M. refuse toujours de prendre parole durant toute l’audience.

L’avocat estime que cette situation est inédite en France car habituellement même les clients les plus réticents finissent par s’exprimer durant leur procès. Il compare cette absence totale avec celle observée chez Salah Abdeslam durant le procès V13 en soulignant que même lui avait finalement utilisé son droit à défendre sa position.

Poursuites requises

Le procurreur général demande 30 ans de prison assortis d’une peine de sûreté des deux tiers pour Makhete M. qui reste impassible face aux témoignages accablants venant non seulement des parties civiles mais également de ses propres enfants.

L’interprétation pétrifiante du silence

« Le problème du silence est qu’il enferme une interprétation », analyse Jean-François Renaudie qui ne cache pas avoir mal vécu ces Assises. Démuni face aux nombreuses victimes présentes – « c’est la première fois » qu’il rencontre tant – il regrette aussi n’avoir pu réagir aux attaques formulées pendant le débat judiciaire : « Il y a eu tellement de choses dites dans ce procès. Mais j’ai dû rester silencieux », écrit-il pour exprimer ses frustrations face aux comparaisons choquantes entre son client et des événements historiques tragiques tels que ceux liés au IIIe Reich ou Daesh.

Malgré ces tensions émotionnelles vécues tout au long du procès, il souligne également l’efficacité remarquable de présidence qui « a tenu » pendant les dix jours passés ensemble dans ce cadre si hostile.

Vers un appel ?

Makhete M. actuellement incarcéré dans sa cellule où il se mure volontairement dans un profond silence opaque depuis près de vingt ans vis-à-vis sa famille victime potentiel pourrait faire appel avant fin novembre – choix délicat pouvant soit retraçer une dynamique familiale pleine violence ou empêcher davantage engagements si jamais un désir réellement cachait encore.

Ce processus complexe laisse planeren point interrogations sur comment mieux saisir « l’âme humaine » , conclut Monsieur Renaudie après avoir traversément assisté cet interminable chemin juridique rempli tragique implications tant personnelles judiciaires.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.