Albert Dupontel aborde la mort dans son prochain long-métrage, « Il faut brûler maman », attendu en salle le 11 novembre. Cette comédie noire met en scène une famille de croque-morts confrontée aux obsèques de sa propre mère.

Le film suit deux sœurs et leur frère, qui se retrouvent aux funérailles de leur mère. Face à une grève du personnel, ils doivent organiser eux-mêmes les obsèques et assurer le protocole funéraire. À travers ce récit, le cinéaste plonge le spectateur dans l’univers de la fin de vie, abordée à travers la perte d’un proche.
Dans le portrait de la semaine réalisé avec Audrey Crespo-Mara, le réalisateur, âgé de 62 ans, reconnaît que la mort reste pour lui un mystère intact, qu’il aime pourtant explorer et imaginer. Il évoque la disparition de son père avec une image simple : « Justement quand mon papa est parti, je me suis dit «il est ailleurs». Il y a un mystère et ce film raconte ça. »
Si la mort met beaucoup de gens mal à l’aise, Albert Dupontel l’aborde avec sérénité. Il cite Montaigne et sa formule selon laquelle vivre, c’est apprendre à mourir. « Ma mort, j’y pense. On peut y penser comme un essentiel. Ça me pousse à aller de plus en plus vers l’essentiel. À ce moment-là, la mort a une vertu fertile, positive. Si c’est pour vous bloquer ou vous angoisser, ça ne sert à rien parce que personne n’y échappera. »
Avant le cinéma, un passage par le music-hall
Après des études de médecine avortées en cinquième année, c’est sur scène qu’Albert Dupontel se fait connaître du grand public. Repéré par Patrick Sébastien au début des années 1990, il fait ses premiers pas dans le music-hall et le one-man-show. Malgré le succès, il finit par tout arrêter. « Je voulais faire du cinéma. Je n’ai aucune appétence pour le music-hall, mais il faut reconnaître que ça m’a fait un bien fou. Tout d’un coup, j’ai gagné des sous », confie-t-il à Audrey Crespo-Mara.
Une fois ses économies suffisantes, il peut enfin se consacrer à sa véritable passion, le cinéma, qui, selon ses mots, lui a tant appris. « J’étais client de films avant d’être client de théâtre. À 20 ans, je ne connaissais pas grand-chose au cinéma. Ce n’était pas de la cinéphilie, c’était de la cinéphagie. J’ai connu la guerre et l’amour grâce au cinéma. J’ai connu plein de choses grâce au cinéma que je ne pouvais pas connaître dans la grisaille de mon quotidien. »