Des tensions historiques
Henry Padovani, premier guitariste du groupe mythique The Police, a exprimé ses réflexions sur la bataille judiciaire opposant Sting à Stewart Copeland et Andy Summers dans un entretien accordé au « Parisien » le 29 août 2023. À 72 ans, l’artiste d’origine corse reconnaît que les tensions au sein du groupe ne sont pas nouvelles.
Des tensions historiques
Padovani souligne qu’il ne prend pas parti dans ce conflit puisant dans des rancœurs anciennes : « Je ne prends pas parti, je ne suis pas juge […] Je les aime tous. Ils ont toujours été super réglos avec moi. » Néanmoins, il n’est guère étonné par la situation actuelle : « Il y a toujours eu des tensions dans Police. Au départ, c’était Stewart le fondateur, leader et compositeur du groupe qui m’a recruté… ».

La guerre d’égos
Le musicien rappelle que lors de ses débuts avec The Police en 1977 – après avoir quitté le groupe cette même année – Sting n’avait alors pas l’autorisation d’écrire pour le groupe punk car il composait des chansons principalement d’amour. Cependant, son morceau « Roxanne » a marqué un tournant : « On s’est vite rendu compte que c’était un exceptionnel auteur-compositeur… ».
La guerre d’égos
L’évolution vers une domination artistique de Sting semble avoir déplacé l’équilibre initial au sein de The Police en conduisant à des rivalités internes. Selon Henry Padovani : « Stewart a perdu l’attention et il ne s’en foutait pas ». Il ajoute que si cela avait été convenu dès le début concernant la répartition des droits d’auteur, cela aurait pu éviter les conflits : « Ils avaient tous un ego et ils ne l’ont pas fait ».
Un enjeu plus large pour l’industrie musicale
Actuellement, la plainte formulée par Andy Summers et Stewart Copeland vise les droits d’auteur générés par plusieurs succès emblématiques évalués à plusieurs millions d’euros. En particulier sur le titre emblématique « Every Breath You Take », ils accusent Sting d’avoir perçu indûment des revenus sans aucun partage équitable.
Un enjeu plus large pour l’industrie musicale
Henry Padovani est inquiet quant aux potentielles conséquences juridiques engendrées par cette affaire pour l’industrie musicale : « Cela va ouvrir la boîte de Pandore », prévient-il. Il craint que cette décision pourrait donner lieu à une vague de réclamations similaires parmi les musiciens qui chercheraient à récupérer leurs droits perdus. Alors que The Police demeure une référence majeure en matière de musique rock mondiale, cette dispute remet en question non seulement leur héritage collectif mais aussi celui de nombreux artistes face à une industrie souvent marquée par des rapports complexes autour des droits d’auteur.