Relocalisation impossible : la production d’iPhone toujours délocalisée
La question de la relocalisation de la production d’iPhone aux États-Unis refait surface alors que les promesses politiques continuent d’évoquer un potentiel retour à domicile. Cependant, un rapport récent souligne que cette possibilité semble peu réaliste pour plusieurs raisons économiques et industrielles.
Une dépendance croissante envers la Chine
Depuis près d’un siècle, les États-Unis ont vu leur dépendance vis-à-vis des biens importés chinois exploser. Aux alentours de 1970, cette relation commerciale avait déjà amorcé son essor avec une série d’accords qui ont encouragé l’importation massive notamment dans le secteur électronique. En 2018, ce commerce a atteint un record avec un chiffre dépassant les 538 milliards $.

Coûts accusés par la main-d’œuvre
L’un des principaux obstacles rencontrés par Apple pour ramener sa production sur le territoire américain reste celui du coût élevé du travail. Un ouvrier au sein d’une usine Foxconn en Chine gagne seulement autour de 3 $ de l’heure contre 7,25 $ pour une heure standard aux États-Unis. Ce facteur rend pratiquement inenvisageable une fabrication concurrente sur sol américain dans un avenir proche.
La domination de Foxconn
Apple compte largement sur ses partenariats internationaux pour assembler ses produits. À lui seul, Foxconn représente presque 70% de tous les iPhones montés dans le monde entier ; ce chiffre témoigne du lien étroit entre l’entreprise et son réseau chinois qui se révèle indispensable pour maintenir coûts opérationnels bas tout en répondant aux besoins globaux du marché.
L’expertise technologique déficiente
Tim Cook a reconnu lors d’un interview que bien qu’il soit possible pour Apple d’ouvrir des usines aux États-Unis, cela n’est pas si simple. Il souligne que « les produits nécessitent vraiment un outillage avancé ». La pénurie relative dans ce domaine provoque également un déficit dans les capacités productives locales face au savoir-faire ultracomplexe disponible en Asie depuis plusieurs décennies. Laura Martin, analyste chez Needham, résume bien cette question épineuse : « Je ne pense pas que cela soit réalisable ». Ces propos reflètent fondamentalement l’incertitude quant à l’avenir de la collaboration entre géants technologiques occidentaux et manufacturiers asiatiques qui prédomine actuellement sur le marché mondial. Il semblerait qu’un retour complet à la fabrication physique américaine demeure très hypothétique lorsque mis face au défi logistique ainsi qu’à ceux liés au modèle économique existant entre ces deux puissances industrielles opposées.