L’écrivain Woody Allen, âgé de 89 ans, présente son premier roman, « Quelle mouche a piqué Baum ? », qui aborde des thèmes personnels et controversés. Ce récit explore la vie d’Asher Baum, un écrivain en proie à la jalousie et aux accusations d’agression sexuelle. Allen utilise l’humour pour traiter ces sujets délicats tout en évoquant ses propres expériences et réflexions.
Un premier roman provocateur
Woody Allen se livre à un exercice inédit en publiant son premier roman à l’âge de 89 ans. L’histoire suit Asher Baum, un écrivain new-yorkais dont la vie s’effondre alors qu’il devient jaloux de son beau-fils de 24 ans, auteur à succès. Asher fait également face à des accusations d’agression sexuelle portées par une journaliste asiatique.

« C’est un projet que j’ai toujours caressé, mais j’étais pris par mes films », confie Allen lors d’une interview depuis son appartement new-yorkais. Il explique avoir commencé l’écriture il y a deux ans et admet avoir aimé le processus littéraire : « Ce livre, c’est moi, seul dans ma chambre… Personne n’est venu me dire : “Dépêchez-vous ! « »
Une réflexion sur le cynisme
Interrogé sur la provocation entourant les thématiques abordées dans le roman, Allen répond qu’il n’a aucune intention provocatrice : « Je cherche seulement le ressort comique d’une situation… » Il reconnait cependant que certains éléments reflètent sa propre expérience émotive.
Le personnage principal ressemble-t-il à lui-même ? « Si mon personnage principal était une jeune fille de 16 ans… je ne suis pas certain que vous verriez beaucoup de moi en elle ». Pourtant, lié par des émotions partagées comme celles vécues au cours de sa carrière tumultueuse, il rappelle que son œuvre est une fiction avant tout.
Réalités contemporaines
La critique sociale émerge également dans son propos lorsqu’il évoque le public américain : « Le public américain a grandi sous le régime du “happy ending” ». Pour lui, ce type idéalisé contradit la réalité vécue par beaucoup.
Concernant ses analgogies audacieuses avec des figures historiques comme Goebbels ou des comparaisons avec l’administration actuelle aux États-Unis sous Donald Trump, Allen dit ne pas craindre un basculement vers le fascisme : « L’Amérique est ancrée dans la démocratie ».
Rapport au travail et légacy
Allen reste prolifique malgré son âge avancé ; il travaille sept jours sur sept sans jamais éprouver cela comme une corvée. À ceux qui se demandent s’il craint la mort liée à l’arrêt de sa créativité artistique, il répond plutôt qu’il redoute simplement la mort elle-même.
Sur ses retours artistiques possibles après ce roman, entre théâtre ou film, il reste ouvert quant aux suites possibles ; tout dépendra simplement de son humeur. En parlant de souvenirs laissés après sa disparition : « Quand je ne serai plus là. La postérité ne m’intéresse pas », conclut-il.
À travers cette œuvre littéraire inédite ainsi que ses réflexions personnelles pleines d’authenticité humoristique et éclairante sur notre époque contemporaine troublée par divers enjeux sociopolitiques et culturels notamment liés à la sexualité consensuelle chez les hommes âgés révélée ici dans l’œuvre du réalisateur-cinéaste vieux sage.