Nous visons à créer une base lunaire

Retour sur la Lune : Thomas Pesquet évoque les défis du programme Artemis

Le rêve de retourner sur la Lune devient plus complexe à réaliser, selon l’astronaute français Thomas Pesquet. Il souligne que si des missions lunaires sont envisagées, elles nécessitent aujourd’hui une approche différente et d’importants investissements financiers.

Nous visons à créer une base lunaire

Un investissement financier limité

Thomas Pesquet rappelle que le programme Apollo, qui a conduit à la première alunissage en 1969, a nécessité l’équivalent de 120 milliards de dollars actuels, soit environ 20 milliards par alunissage. Aujourd’hui, les budgets alloués à la NASA ont chuté, passant de 4% à moins de 0,5% du budget fédéral américain. Malgré cela, il assure qu’il est possible d’y retourner : « On peut y retourner. Et on va y retourner ! »

Le programme Artemis et ses implications européennes

Le programme Artemis, visant à envoyer des astronautes sur la Lune, avance malgré quelques incertitudes politiques aux États-Unis. L’Agence spatiale européenne (ESA) participe au projet et pourrait envoyer trois astronautes européens dans le cadre du programme. Ceux-ci devraient provenir principalement des pays contributeurs majeurs comme la France, l’Allemagne, et l’Italie, qui financent ensemble 90% du budget européen pour les vols habités.

Pesquet évalue ses chances d’être sélectionné pour cette mission à une chance sur trois : « Aujourd’hui, en France, nous sommes deux : Sophie Adenot et moi. »

Missions lunaires prolongées

Les futures missions vers la Lune visent un séjour prolongé avec un objectif final d’installation d’une base permanente similaire aux stations en Antarctique. Les premières missions dureront autour de cinq à six jours avant d’évoluer vers des séjours plus longs.

« On veut pouvoir s’installer sur la Lune », explique-t-il. La durée encouragée par ces nouvelles missions changera radicalement l’approche humaine face aux explorations lunaires.

Préparatifs techniques et environnementaux

La mission serait probablement axée près du pôle Sud lunaire où les conditions sont extrêmes mais prometteuses pour découvrir de l’eau congelée dans les cratères sombres. « C’est l’aventure dans l’aventure ! » note Pesquet en décrivant les défis liés au terrain difficile et aux basses températures.

Concernant le volet technique des scaphandres modernes destinés aux astronautes lunaires – faisant peser environ **40 kilos de plus que ceux utilisés lors des missions Apollo –, Pesquet insiste sur leur conception améliorée face aux dangers rencontrés dans le régolithe lunaire : « Nous avons eu plus de temps pour les concevoir », dit-il.

Rétrospective historique envers Mars

En décalage avec ces efforts lunaires se profile déjà un regard tourné vers Mars où une présence humaine pourrait exiger jusqu’à 300 jours d’un voyage sans retour immédiat possible en cas d’urgence médicale ou technique durant ce périple long et délicat.

En devenant conscient des nombreux enjeux placés devant lui-même : « C’est un défi…il faudra y réfléchir », conclut-il avec humour tout en envisageant ce futur florissant pour humain explorateurs.

Ainsi se dessine un chemin encore semé d’embûches mais propice à éveiller curiosité scientifique fondamentale ainsi qu’ambitions humaines infinis vis-à-vis des planètes voisines.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.