Les jeunes se retrouvent de plus en plus seuls à table, ce qui impacte leur bien-être général.
- Les jeunes se retrouvent de plus en plus seuls à table, impactant leur bien-être.
- Le rapport World Happiness montre que les pays où les repas sont partagés fréquemment ont un soutien social supérieur.
- En 2023, plus de 25% des individus âgés de 18 à 24 ans ont mangé seuls chaque jour.
- Les jeunes font face à des défis financiers et professionnels, contribuant à leur isolement.

Le rapport World Happiness, publié le 20 mars dernier, révèle que les pays où le partage des repas est fréquent affichent des niveaux élevés de soutien social et une solitude réduite. Les États-Unis ont chuté au 24e rang, atteignant un niveau record dans cette étude parmi les 147 pays analysés.
La baisse du classement américain
La baisse du classement américain s’explique principalement par la chute du bien-être des personnes âgées de moins de 30 ans. « La chute dans le classement du bonheur aux États-Unis était en grande partie causée par une diminution significative du bien-être chez les jeunes », explique le rapport émanant du Wellbeing Research Center de l’Université d’Oxford, en partenariat avec Gallup et l’ONU. « Les jeunes d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale déclarent maintenant avoir le bien-être le plus faible parmi tous les groupes d’âge ».
Le partage des repas et la qualité de vie
Au niveau mondial, le rapport met en avant une forte corrélation entre la qualité de vie et la fréquence à laquelle les individus partagent leurs repas avec autrui. « Les pays où il existe un partage régulier des repas bénéficient d’un soutien social supérieur ainsi que d’une réciprocité positive, entraînant ainsi un taux réduit de solitude », précise-t-il.
La tendance croissante du repas seul
Il a été observé que manger seul est devenu courant pour tous les groupes d’âge, mais c’est particulièrement vrai pour les jeunes Américains : en 2023, plus de 25% des individus âgés entre 18 et 24 ans ont mangé seuls lors de chaque repas pendant la journée précédente. Comparativement, seulement quelques généreux chiffres ressortent chez ceux âgés entre 55 et 64 ans, qui se sont également révélés être nombreux à dîner seuls.
Avec ces tendances marquées, un Américain sur quatre a avoué avoir pris tous ses repas seul au cours d’une journée donnée, représentant ainsi une hausse alarmante de 53% par rapport aux données recueillies en 2003.
Les défis auxquels font face les jeunes
Cela ne constitue pas un constat isolé ; plusieurs études précédentes ouvrent également sur cette problématique affectant particulièrement la génération Z (entre 13 et 28 ans). Ces jeunes font face à différents défis tels qu’une hausse importante du coût de la vie tout en tentant de bâtir leur carrière professionnelle.
En plus des difficultés financières croissantes — y compris une accumulation accrue des dettes /cartes crédit — ils éprouvent aussi peine à trouver un sens à leur travail dans une société souvent perçue comme peu accueillante.
La « jeunesse déconnectée »
Une recherche antérieure mentionne un groupe au sein même de cette génération Z démoralisée appelé « jeunesse déconnectée », englobant ceux âgés entre 18 et 24 ans, n’ayant ni emploi ni inscription scolaire.
Même si les raisons précises expliquant ce lien entre partage alimentaire et sentiment général ne sont pas encore clairement établies selon ce rapport, il apparaît évident que l’isolement grandissant touche lourdement cette population jeune : fort étonnant donc que près de 19% des jeunes adultes mondiaux ressentent qu’ils n’ont personne sur qui compter pour recevoir un soutien; ceci représente une augmentation notable (39%) depuis 2006.
Les conséquences néfastes
Tous ces éléments peuvent engendrer des conséquences néfastes durables pour ces générations face aux risques liés à l’insuffisance sociale puisqu’on considère désormais l’isolement comme une véritable crise sanitaire publique ayant déjà commencé sa dégradation tant physique que psychique personnelle.
La collecte effectuée par Gallup Worldwide repose sur les réponses fournies par plus de 104 000 personnes réparties dans 140 pays ou territoires différents.