L’automobile et la mode s’unissent de manière inédite
- Les marques de luxe et les constructeurs automobiles collaborent de manière inédite.
- Poggy a présenté une collection pour Porsche, inspirée par des articles textiles.
- Mercedes Classe G est devenue un accessoire de mode grâce à sa popularité.
- Il existe un paradoxe autour des collaborations entre modes actuelles et véhicules électriques.

Les collaborations entre marques de luxe et constructeurs automobiles prennent une ampleur sans précédent, comme en témoigne la présentation d’une collection par Poggy, directeur artistique japonais, pour Porsche. Dans un contexte où le secteur automobile cherche à rajeunir son image tout en se tournant vers la mode et l’art, des modèles emblématiques sont réinterprétés par les grandes marques. Ce phénomène soulève autant des questions sur le vintage, que sur l’émergence d’une esthétique contemporaine.
Les collaborations modernes renforcent l’attrait des marques
Lors de la fashion week homme de Paris, en janvier dernier, le designer japonais Poggy a présenté une collection créée en partenariat avec Porsche, qui a conçu un modèle 992 inspiré par des articles textiles. Ces initiatives visent à appliquer des éléments du textile à l’univers automobile. Selon Dominik Hildebrandt, responsable des partenariats chez Porsche, cet axe stratégique cherche à « rajeunir et féminiser notre public ». Il souligne : « Avant, on parlait technique, performance. Mais les nouveaux clients veulent d’autres biais : la mode, les voyages ou l’art ».
Cela dit, il est crucial pour ces marques de ne pas se limiter aux modèles vintage afin de continuer à promouvoir leurs dernières créations.
Des icônes automobiles deviennent pièces tendance
La Classe G de Mercedes est un exemple marquant : elle a gagné ses lettres de noblesse au même titre qu’un sac Hermès ou une montre Rolex grâce à sa popularité dans la culture contemporaine. Son allure distincte et son bruit caractéristique ont contribué à transformer ce véhicule en véritable accessoire de mode. En ce sens, Moncler a fait appel à Nigo pour réinterpréter cette voiture sous forme cabriolet.
De plus, Ronnie Fieg, fondateur de Kith, a collaboré avec BMW pour créer une ligne vestimentaire ainsi que quelques intérieurs personnalisés destinés aux séries spéciales.
L’évolution historique vers la convergence automobile-mode
Le streetwear est désormais omniprésent dans ces collaborations innovantes. Édouard Schumacher dirige son groupe avec conviction quant à cette synergie entre univers : « La voiture étant pointée du doigt par l’époque », il devient nécessaire d’adopter un nouveau discours pour rendre ces véhicules désirable dans un monde où elles doivent séduire divers publics.
Une dimension historique accompagne cette évolution ; déjà au XVIIIe siècle existait un « concours d’élegance » où les aristocrates montraient leurs calèches aux yeux du monde parisien. Par ailleurs, depuis les années 1920 jusqu’à aujourd’hui, chaque époque utilise aussi bien voitures performantes que vêtements stylisés lors de shootings photos.
Un paradoxe autour des véhicules électriques
Malgré le développement incessant d’immenses collaborations historiques – Gucci habillant dès 1979 une Cadillac Seville ou Hermès personnalisant en 1985 la Supercinq – il y reste cependant un paradoxe majeur : aucune collaboration n’a encore émergé entre modes actuelles tournées vers l’électrique et phénomènes fashion contemporains ancrés dans nos mœurs.
Ces échanges illuminent entourages stylistiques communs mais leur réussite nécessite réflexion approfondie sur comment incorporer technologies vertes tout autant accrocheuses que classiques.