Le Festival de Cannes 2023 est marqué par des références à Gerard Depardieu, pilier du festival depuis 1976, et aux répercussions du mouvement #MeToo. Lors d’une fête privée sur la plage, des personnalités ont partagé leurs réflexions sur les complexités entourant le travail de l’acteur, qui a récemment été au centre d’accusations.
Une figure controversée à Cannes
Depuis ses débuts en tant qu’acteur dans «1900» de Bernardo Bertolucci, Gerard Depardieu a toujours occupé une place importante au sein du Festival de Cannes. En plus d’avoir participé à près de 30 films dans le cadre du festival, il en a été président du jury en 1992. Cependant, son héritage aujourd’hui se heurte à des allégations sérieuses contre lui.

Lors d’une réception organisée par la société Bossa Nova à Paris, Michel Burstein a exprimé un point de vue nuancé concernant Depardieu : « Il est probablement coupable, a probablement été un très mauvais homme [.] mais il a également été plus respectueux, un homme qui a réalisé une œuvre incroyable dans de nombreux domaines ». Burstein connaît personnellement Depardieu et son frère Alain.
Benjamin Zeitoun, producteur présent lors de cet événement, a ajouté qu’il ne voulait pas porter de jugement sans connaître tous les détails : « Lorsque vous ne connaissez pas la chose au centre, très proche, il n’est pas possible d’avoir une opinion ».
Le mouvement #MeToo en toile de fond
Ce n’est pas la première fois que le festival aborde des problématiques liées à #MeToo. En 2018, Asia Argento avait évoqué les abus commis par Harvey Weinstein durant son discours lors de la cérémonie de clôture. L’édition 2023 s’est ouverte sous une controverse similaire avec le film «Jeanne du Barry», mettant en vedette Johnny Depp peu après sa victoire judiciaire contre Amber Heard pour diffamation liée à des accusations d’abus physiques et sexuels.
Rupa Dash, directrice générale de la World Woman Foundation et organisatrice d’événements pendant le festival, a estimé que la condamnation récente de Depardieu était «définitivement une victoire» pour le mouvement #MeToo mais qu’elle avait été minimisée sur scène principale durant le festival.
L’événement continuera ainsi d’être scruté non seulement pour ses projections cinématographiques mais aussi pour les discussions autour des enjeux sociétaux qui y sont liés.