Les cardinaux se préparent au conclave avec une cuisine peu raffinée
Les cardinaux, réunis pour le conclave en vue de choisir le prochain chef de l’Église catholique romaine, expriment des réserves quant à la qualité de la nourriture qui leur sera servie. La Casa Santa Marta, où ils seront logés, offre un niveau culinaire jugé décevant par plusieurs membres du clergé.
Une gastronomie critiquée
Le cardinal Mauro Piacenza, venu de Gênes, a évoqué les repas servis à la Casa Santa Marta, décrivant ces plats comme « la nourriture que vous pourriez manger dans une gare ». Il a précisé que cela inclut des pâtes à « sauce aqueuse », des côtelettes et des salades simples qu’il considère comme « pas excitant ».

L’ambiance du lieu attire également des commentaires mitigés. Dans la cafétéria aux colonnes verticales et aux meubles utilitaires, on retrouvait d’anciens dessins artistiques représentant le pape François sous les traits d’un chevalier Jedi. Pendant un temps, François y partageait ses repas avec les autres cardinaux jusqu’à ce qu’il commence à souffrir et prenne ses repas dans sa chambre.
Un consensus semble émerger parmi les participants sur le thème de la qualité alimentaire :
« Vous ne mangez pas très bien », constate le cardinal Gianfranco Ravasi d’Italie.
« Ce n’est pas si bon », ajoute Gerhard Ludwig Müller, un cardinal allemand ayant été licencié par François.
Tradition historique et changements culinaires
La tradition du conclave remonte au 13e siècle lorsque les cardinaux étaient enfermés pendant l’élection. Face aux frustrations liées à leur long processus électoral qui s’étendait parfois sur plusieurs années, les résidents de Viterbo avaient même arraché le toit du bâtiment où ils se réunissaient pour réduire la nourriture à pain et eau. À cette époque-là, le pape Gregory X avait instauré une règle limitant les calories après trois jours d’attente.
Certains détails historiques relatent même qu’au XVIe siècle, malgré des craintes liées à l’empoisonnement lors des repas partagés entre cardinaux en période électorale, ceux-ci avaient eu droit à une gastronomie plus raffinée selon le célèbre cuisinier vatican Bartolomeo Scappi qui concoctait alors raviolis ou côtes grillées. De nos jours toutefois,
« Nous mangerons tout ce qu’ils nous donnent », assure Fridolin Ambongo Besungu, cardinal venu du Congo. En évoquant l’expérience culinaire modeste offerte par Santa Marta Mess Hall, il ajoute en plaisantant : « Et vous n’êtes pas mort ». Dans cette atmosphère unique pleine de symbolisme religieux teintée d’humour noir concernant leurs conditions alimentaires durant cette période solennelle avant l’élection papale future, il estime que tout repose sur avoir « confiance en le Saint-Esprit ».
Alors que la cérémonie approche et que ces hommes doivent faire preuve d’altruisme face aux platitudes culinaires fournies par leur lieu de résidence temporaire au Vatican durant leurs délibérations décisives pour l’avenir ecclésiastique mondial.