Le 18 juin 1940
Le 18 juin 1940, alors que le général de Gaulle lance son appel à la résistance depuis Londres, Charles-Marie Guillois est présumé mort après avoir échoué à embarquer sur le « Vauquois », qui explose sur une mine, tuant la majorité de son équipage. Ce jour-là marque le commencement d’une nouvelle vie pour cet homme de Bretagne engagé dans les forces françaises libres.
L’ombre d’un drame
Quartier-maître de la Marine nationale, Charles-Marie Guillois a 30 ans lorsque se prononce l’« Appel » historique du général de Gaulle. En ce jour tragique du 18 juin 1940, il aurait dû rejoindre le Vauquois, basé à Brest. Cependant, des bombardements empêchent son arrivée opportune aux quais. Le bâtiment est ensuite détruit par une mine dérivante, faisant 135 victimes parmi ses membres d’équipage.

Une nouvelle destinée en Angleterre
Alors que sa mère croit qu’il est mort et organise des funérailles en son honneur, Guillois se trouve déjà en sécurité sur un bateau de pêche évoluant vers l’Angleterre. Il intègre rapidement le QG des premiers Français libres, où il se distingue par sa maîtrise des armes et sa capacité à commander en breton sous les ordres d’Yves Morvan. Ce dernier fait remarquer : « Vous parlez breton couramment ? » À cela, Guillois répond : « Gant plijadur ! (Avec fierté ! ) ».
Il est encouragé à devenir la voix bretonne représentant l’appel du général.
La mobilisation bretonne autour de De Gaulle
L’impact du discours prononcé par De Gaulle résonne particulièrement chez les marins et pêcheurs bretons. Plus d’un millier s’engageront aux côtés du leader français alors qu’un port comme Douarnenez fournira autant d’engagés (700) que Toulouse ou Marseille réunies dans cette période critique.
Guillois devient officiellement accrédité par la BBC dès août 1940 et parlera quotidiennement en breton pendant deux mois. Il participe aussi activement aux campagnes militaires ultérieures.
Un retour post-guerre éloquent
Après guerre, Charles-Marie Guillois choisit de vivre en Angleterre, où il fonde une famille avec Christiane, rencontrée alors qu’elle était jeune fille au pair. Ils vivent ensemble à Londres pendant près de trente ans avant leur retour en Bretagne.
Christiane raconte affectueusement : « Notre vie était rythmée par les Beatles et les Rolling Stones. » Leur mariage survient tardivement mais donne naissance à trois filles dont Marie-Anne, qui attire même l’attention lors d’une cérémonie présidée par la Reine Mère : « Lovely votre petite-fille. ».
Héritage culturel lié à son identité bretonne
L’histoire complexe autour de Charles-Marie Guillois nous rappelle non seulement la bravoure individuelle face aux adversités historiques mais également comment chaque homme porte avec lui une riche histoire collective cruciale pour notre mémoire nationale et locale contemporaine.