La marche quotidienne, un remède potentiel contre le déclin cognitif lié à l’âge

Une étude menée par le neurologue Jasmeer Chhatwal de Harvard met en avant les bienfaits d’une activité physique modeste pour la santé cérébrale des personnes âgées. En se promenant quotidiennement, même modestement, on peut réduire les risques associés à la maladie d’Alzheimer.
Chaque après-midi de semaine, Jasmeer Chhatwal prend une pause pour marcher environ trois quarts de mile jusqu’à un café du quartier. Bien que la cafetière du bureau soit tentante, il considère que cette promenade « aide à éviter les symptômes du vieillissement cérébral comme la perte de mémoire ». Sa récente étude, publiée le 3 novembre dans Nature Medicine, révèle que faire entre 3 000 et 5 000 pas par jour peut contribuer à maintenir un cerveau en bonne santé.
Pourquoi la marche est liée à une meilleure santé cérébrale
Le risque de déclin cognitif dépend non seulement du mode de vie et des facteurs génétiques mais également de l’environnement des individus. Cependant, Chhatwal souligne qu’un risque élevé ne signifie pas que la maladie d’Alzheimer est inévitable. De petits changements dans le style de vie peuvent avoir un impact significatif sur la santé cognitive.
Cette étude a examiné près de 300 adultes âgés de 50 à 90 ans, tous ayant une bonne santé cognitive au départ. Les chercheurs ont étudié divers marqueurs du risque d’Alzheimer tels que les dépôts des protéines amyloïdes et tau. L’accumulation d’amyloïde précède souvent les premiers symptômes cliniques; tau apparaît plus tard et est associée aux troubles mnésiques.
Les résultats montrent que ceux qui faisaient entre 5 000 et 7 000 pas par jour avaient une fonction cérébrale supérieure avec une accumulation plus lente des protéines pathologiques comparativement aux participants moins actifs. Même chez ceux affichant initialement un taux élevé d’accumulation amyloïde, l’exercice modéré s’est révélé bénéfique.
Chhatwal précise : « Les gens n’ont pas besoin de courir des marathons. c’est assez simple », ajoutant que même pour ceux déjà exposés à un risque élevé, il n’est jamais trop tard pour devenir actif afin d’améliorer leur état cognitif.
Cette étude apporte ainsi une perspective encourageante sur l’importance des efforts physiques quotidiens pour sa santé mentale en vieillissant.