En 1978, la Chine connaît un tournant majeur après la mort de Mao Zedong
En 1978, la Chine connaît un tournant majeur après la mort de Mao Zedong. Les dazibaos, affiches murales dénonçant le régime, traduisent un désir croissant de liberté et d’ouverture à l’Occident, symbolisé par la visite du couturier Pierre Cardin. Toutefois, quatre ans plus tard, une atmosphère de contrôle réapparaît alors que des voix s’élèvent pour dénoncer les frustrations face aux inégalités croissantes.
- En 1978, la Chine connaît un tournant majeur après la mort de Mao Zedong.
- Les dazibaos expriment le désir de liberté et d'ouverture à l'Occident.
- La critique s'exprime sur des sujets tels que le logement et les salaires.
- Une soif de découverte de l'Occident grandit parmi la population chinoise.

Les dazibaos : un cri de révolte dans une Chine en mutation
En décembre 1978, vingt-sept mois après le décès de Mao Zedong, les dazibaos font entendre des revendications antimaoïstes à Pékin. Le « mur de la démocratie » devient un lieu incontournable où s’affichent les désirs d’un peuple en quête de changement. Sous l’impulsion du nouveau leader Deng Xiaoping, déjà élu « personnalité de l’année » par le magazine Time, la Chine aspire à devenir un pays moderne d’ici l’an 2000.
Les critiques fusent sur divers sujets tels que le logement et les salaires. La liberté d’expression commence timidement à émerger avec le retour des journalistes étrangers, comme Laurence Masurel et Jean-Claude Sauer qui se rendent alors dans le pays pour couvrir cet événement historique.
L’effervescence culturelle chinoise
Au cours de ce bouleversement sociétal, une soif insatiable de découverte grandit parmi la population chinoise qui souhaite tout savoir sur l’Occident. Des scènes jusque-là inconcevables apparaissent : couples échangeant des gestes affectueux en public et jeunes mariés exhibant leurs photographies colorées. La gymnastique collective prend possession des rues tandis que les universités intègrent même des cours modernes tels que la danse occidentale.
Laurence Masurel rapporte : « Autre innovation… Les jeunes gens ont le droit de prendre des cours de danse moderne… »
Le couturier français Pierre Cardin est invité à donner ses conseils dans les usines textiles et ne manque pas d’attirer l’attention avec sa célèbre phrase : « La mode, qu’est-ce que c’est ?… La mode, c’est ce qui se démode. » À travers cette déclaration audacieuse devant son public émerveillé, il sème dès lors les premières graines du style occidental en Chine.
Vers un retour au contrôle autoritaire
Quatre ans après cet élan vers la modernité, l’atmosphère a considérablement changé selon Claudine Vernier-Palliez, journaliste également présente sur place accompagnée du photographe Jack Garofalo. Leur enquête est marquée par une surveillance accrue alors qu’ils sont escortés par diverses personnes liées au gouvernement chinois sous prétexte de leur montrer « la Chine telle qu’elle est ». Ce climat tendu contraste fortement avec quelques années auparavant quand la curiosité était reine.
Il apparaît même que certains jeunes témoignent succintement d’un désir profond d’obtenir un passeport pour quitter le pays : « Comme si l’ombre de la Bande des Quatre planait à nouveau », raconte Vernier-Palliez.
De plus, une lutte acharnée pour acquérir des biens matériels joue sur brins très délicats ; certains Chinois n’hésitent pas à dénoncer leurs voisins coupables selon eux d’activités jugées répréhensibles afin d’accéder à radios ou télévisions étrangères.
La montée vertigineuse du capitalisme chinois
En effet, près 500 milliards d’euros sont écoulés chaque année vers les États-Unis, renforçant ainsi ses ambitions menées vers l’Europe dont elle expédie quotidiennement jusqu’à 12 millions colis.
La panorama met en exergue non seulement les défis auxquels fait face aujourd’hui cette entité complexe mais aussi combien celle-ci continuera certainement évoluer tant envers ses citoyens qu’à l’international.