La visite de Xi Jinping à Casablanca en novembre dernier souligne le renforcement des liens économiques entre la Chine et le Maroc. Avec des investissements chinois explosant, notamment dans le secteur automobile, le Maroc émerge comme un nœud stratégique pour les entreprises cherchant à accéder au marché européen tout en contournant les tarifs élevés.
- La visite de Xi Jinping à Casablanca en novembre 2023 renforce les liens économiques sino-marocains.
- Les investissements chinois au Maroc, atteignant 10 milliards d'euros, se concentrent sur l'électricité et les batteries.
- Le Maroc devient un hub industriel pour les constructeurs automobiles, notamment Renault et Stellantis.
- Les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis posent des défis au Maroc, qui doit maintenir ses relations avec les deux parties.

Une escale significative
En novembre 2023, lors du sommet du groupe des 20 au Brésil, Xi Jinping a fait une escale à Casablanca, où il a été chaleureusement accueilli avec des dates et du lait par le prince héritier Moulay Hassan. Cette visite marque l’importance grandissante des relations sino-marocaines sur fond de coopération économique.
Un imprégnation croissante
Durant ces dernières années, les investissements chinois ont inondé le Maroc, particulièrement dans l’industrie de l’électricité et des batteries, atteignant environ 10 milliards d’euros. Des dizaines d’entreprises chinoises s’installent progressivement dans le pays, incluant GOSION HIGH-TECH spécialisée dans la fabrication de batteries.
Selon Alexandre Kateb, économiste et fondateur d’une plateforme de conseil stratégique, Pékin souhaite « tirer parti des principaux avantages du Maroc ». Le royaume est devenu un partenaire commercial clé grâce à son accord de libre-échange avec l’Union européenne.
Le Maroc comme hub industriel
Le succès croissant du Maroc en tant que centre manufacturier est souligné par son statut actuel : principal exportateur de voitures vers l’Union européenne en 2023. De grandes entreprises automobiles telles que Renault et Stellantis renforcent leur présence depuis plusieurs années. Ahmed Aboudouh de Chatham House affirme que pour les constructeurs chinois « le Maroc pourrait désormais jouer le même rôle pour l’Europe » que celui exercé par le Mexique concernant les États-Unis.
Tensions géopolitiques sous-jacentes
Cependant, cette dynamique se déroule dans un contexte géopolitique complexe. Les tensions entre la Chine d’un côté et les États-Unis ainsi que l’Europe de l’autre imposent un défi délicat au Maroc qui doit jongler entre ses relations économiques avec Beijing et ses alliances stratégiques avec Washington.
L’administration Trump pourrait exercer une pression sur Rabat pour qu’il prenne position contre Pékin. M. Aboudouh précise que bien qu’ils considèrent la Chine comme « un partenaire majeur », ils sont également « conscients du risque » qu’inflige la politique américaine actuelle envers leur voisin asiatique.
Contributions à long terme
Les prêts chinois via l’initiative Belt and Road soutiennent également diverses infrastructures marocaines comme les centrales solaires ou encore une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant différents points stratégiques. La sélection récente d’une entreprise chinoise pour fournir de l’acier destiné à construire un pipeline gazier témoigne aussi de cette collaboration mutuellement bénéfique.
Malgré cela, Rabat reste engagé envers son partenariat américain établi depuis plus de deux décennies, par divers exercices militaires conjoints contre-terrorisme et discussions autour d’éventuels achats d’armements tels que les avions furtifs F-35 américains.
Bilan mitigé face aux défis tarifaires
Face à cette croissance rapide du secteur manufacturier chinois au Maroc – incluant récemment la production chinoise démarrée officiellement auprès d’un fabricant local – certains craignent une réaction définitive à changement politique aux États-Unis se traduisant en davantage de mesures protectionnistes averses envers Pékin. Cependant, sous Biden, Rabat a bénéficié jusqu’à présent d’une certaine tolérance vis-à-vis des investissements venant directement issus ! mais si ce soutien venait être revu, « je pense qu’ils feront preuve » avertit M. Aboudouh avec prudence !