La Chine a suspendu les expéditions de sept éléments de terres rares, essentiels à plusieurs industries, en réponse aux tensions tarifaires avec les États-Unis. Cette décision s’inscrit dans un contexte d’escalade des mesures protectionnistes entre les deux pays.
Contexte des tensions commerciales
Depuis le 2 avril, date qualifiée par le président américain Donald Trump de «Journée de libération» pour les États-Unis, une intensification des tarifs douaniers a été observée entre Washington et Pékin. Les États-Unis ont imposé des droits de douane totalisant 145% sur la Chine, tandis que ce dernier a répondu avec un taux atteignant 125% sur les produits américains.

La Chine ne s’est pas arrêtée là et a annoncé le 11 avril l’implémentation de restrictions concernant les exportations d’éléments de terres rares.
Impact immédiat sur les exportations
Trois sources ont indiqué que ces restrictions avaient conduit à l’arrêt presque immédiat des expéditions des sept éléments concernés : samarium, gadolinium, terbium, dysprosium, lutétium, scandium et yttrium. Ce regroupement d’éléments est crucial pour des secteurs tels que la défense, les véhicules électriques, l’énergie renouvelable et l’électronique, la Chine étant responsable d’environ 90% du marché mondial.
D’après un commerçant en provenance de Chine : « Lorsqu’on lui a demandé à mes clients lorsque leurs cargaisons pourront quitter la Chine, nous leur donnons environ 60 jours, mais cela peut prendre plus de temps que cela. »
Pour exporter ces matériaux désormais soumis à contrôle strict, les entreprises doivent solliciter une licence auprès du ministère chinois du Commerce (MOFCOM).
Conséquences économiques et stratégiques
Les délais nécessaires pour obtenir cette licence peuvent varier considérablement ; il faut compter entre six semaines et plusieurs mois. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une interdiction totale mais plutôt d’une restriction ciblée sur l’exportation, cela pourrait entraîner une chute significative du volume exporté.
Le cabinet d’avocats Holland & Knight prévient ainsi : « Cette décision est susceptible d’avoir des impacts à la fois immédiats et stratégiques sur les chaînes d’approvisionnement mondiales […] L’annonce pourrait entraîner une augmentation de l’incertitude réglementaire pression à la hausse sur les prix… »
Cette situation met également en lumière l’urgence pour certains pays et industries dépendant fortement de ces ressources rares de diversifier leurs approvisionnements afin de réduire leur vulnérabilité face aux fluctuations géopolitiques.
Ouverture
Alors que se poursuivent les négociations commerciales entre Washington et Pékin, cette escalade autour des terres rares souligne l’interdépendance croissante dans le domaine économique mondial ainsi que la nécessité pour chaque pays concerné de réfléchir sérieusement à ses stratégies logistiques futures.