À l’occasion de la campagne pour les Oscars, le réalisateur iranien Jafar Panahi a été condamné par la justice iranienne en son absence pour des « activités de propagande ». Sa peine inclut une interdiction de voyager pendant deux ans. Malgré ces complications, il continue de faire entendre sa voix à travers ses œuvres et a récemment obtenu la Palme d’or pour son film « Un simple accident ».

Une condamnation controversée
Le cinéaste âgé de 65 ans, reconnu internationalement, a été condamné sans pouvoir se défendre devant le tribunal. Son avocat, Me Mostafa Nili, a précisé que Panahi fait face à une interdiction de voyager et d’adhérer à tout groupe politique ou social. Il envisage de faire appel. Les détails exacts des accusations demeurent flous.
Un parcours artistique marqué par l’exil
Jafar Panahi est une figure emblématique du cinéma iranien avec un palmarès prestigieux incluant un Ours d’or pour « Taxi Téhéran » en 2015 et un Lion d’or en 2000. Il a déjà purgé près de sept mois derrière les barreaux, entre 2022 et 2023, après avoir mené une grève de la faim pour obtenir sa libération. « En cellule, j’étais avec des gens engagés mais qui avaient des opinions et des analyses différentes de la situation. Je me suis demandé comment je pouvais rassembler tous les courants de pensée que j’avais écoutés. Comment créer une conversation entre ces différents groupes ? Petit à petit, c’est devenu un scénario de film », confiait-il précédemment sur l’inspiration derrière « Un simple accident », qu’il avait conçu lors de sa sortie estivale.
Une présence affirmée malgré l’adversité
La ténacité du réalisateur lui permet néanmoins d’assister aux événements mondiaux tels que le tapis rouge des Gotham Awards à New York ce lundi soir. Même sous pression judiciaire et aucune crainte apparente du retour en prison – comme il l’a déclaré dans une interview récente : « Une fois qu’on a vécu ce genre de chose, on ne la craint plus » –, Jafar Panahi démontre ainsi son engagement envers son art et ses convictions personnelles. Face aux défis actuels rencontrés par les artistes iraniens dans la diaspora et ceux restant au pays confrontés à un régime restrictif, le parcours singulier de Jafar Panahi mérite réflexion quant à la liberté artistique en territoire répressif.