Comment faire des millions avant la mort de grand-mère
Le film du réalisateur thaïlandais Pat Boonnipat, sorti en salles l’année dernière, a battu des records au box-office à travers l’Asie. Ce drame familial aborde avec délicatesse le thème du lien intergénérationnel. M (Putthipong Assaratanakul) est un jeune homme désabusé qui vit aux crochets de sa mère et rêve de devenir joueur professionnel. Lorsque son cousin hérite d’une fortune après avoir pris soin du grand-père, M réalise qu’il pourrait également bénéficier d’un héritage après que sa grand-mère (Usha Seamkhum) soit diagnostiquée avec un cancer avancé.
M s’immisce alors dans la vie de sa grand-mère malgré ses réticences initiales. Le film met en lumière leur interaction émotive à travers des scènes poignantes où M aide sa grand-mère, illustrant ainsi les liens familiaux et l’évolution personnelle sans sombrer dans le mélodrame.

Trilogie des jeunes
La série intitulée « Trilogie des jeunes » du réalisateur Wang Bing se compose de trois parties s’étalant sur 10 heures. Tourné entre 2015 et 2019 dans la ville chinoise de Zhili, célèbre pour ses petites usines textiles, ce documentaire offre un regard intense sur le travail invisible au service du consumérisme mondial.
Les travailleurs y sont principalement issus de provinces éloignées ; ils travaillent dur pour produire des vêtements pour enfants dans des ateliers oppressants. Wang Bing dépeint les défis auxquels ils font face sans pathos ni exploitation manifeste mais plutôt une profonde humanité à travers leurs combats quotidiens. La durée expansive permet d’apprécier la monotonie et l’épuisement liés à cette production massifiée.
Tonnerre
Dans ce drame suisse se déroulant en 1900, Lilith Grasmig offre une performance marquante dans le rôle d’Elisabeth, revenue après plusieurs années auprès d’une communauté empreinte de secrets religieux et personnels. Les murmures autour du « diable » entourent le sort tragique de sa sœur Innocente, dont elle essaie d’élucider le mystère tout en découvrant une nouvelle forme dévotionnelle ancrée dans ses désirs internes.
Le film tisse avec subtilité une fable moderne sur la transcendance féminine tout en abordant les tensions entre spiritualité traditionnelle et exploration personnelle.
Lumière légère
Ce film finlandais suit deux adolescentes – Mariia (Rebekka Baer), timide et introvertie, et Mimi (Anni Iikannen), rebelle – au cœur d’une romance naissante influencée par les conséquences post-Tchernobyl en 1986. Alors qu’elles se rapprochent lors d’aventures innocentes marquées par la beauté troublante du paysage dompté par cette catastrophe nucléaire, elles doivent aussi affronter les réalités amères qui guettent leur passage vers l’âge adulte.
L’histoire est revisitée à travers le regard nostalgique d’une Mariia âgée revenant chez elle pour s’occuper de sa mère malade, soulignant comment les blessures émotionnelles persistent malgré les souvenirs heureux partagés pendant leur jeunesse insouciante.
Ces récits diversifiés offrent non seulement un aperçu culturel enrichissant mais interrogent également notre rapport aux émotions humaines au sein de contextes historiques ou socio-économiques différents.