Les Dix Commandements, réalisé par Cecil B. DeMille en 1956, est un film emblématique qui apporte une vision dramatique de l’exode biblique. Bien que fondé sur le Livre de l’Exode, il modifie des aspects clés pour accroître le drame et ajouter de nouvelles intrigues. Cet article explore cinq des principales libertés prises par DeMille dans sa représentation de cette histoire sacrée.
Le personnage fictif de Nefretiri présente un conflit amoureux central
Dans la version biblique, il n’existe aucune mention de Nefretiri, interprétée par Anne Baxter. Ce personnage a été introduit par DeMille pour enrichir l’intrigue du film. Nefretiri est engagée dans une rivalité amoureuse avec Moïse et se heurte également à la femme hébraïque, Sephora. Cette dynamique amoureuse intense génère une grande partie de la tension émotionnelle au sein du récit.

L’intensité des relations entre Moïse et Ramsès est amplifiée
Dans Les Dix Commandements, la relation entre Moïse, joué par Burt Lancaster, et son frère adoptif Ramsès (interprété par Yul Brynner) est décrite comme étant très intime. Le film souligne leur lien fraternel tout en les plaçant dans un conflit dû à la mission divine que Moïse doit accomplir : libérer les Hébreux. Cette dimension émotionnelle n’est pas présente avec autant d’acuité dans le texte biblique, rendant ainsi leur rivalité plus personnelle qu’une simple lutte pour le pouvoir.
Détails ajoutés sur les débuts de Moïse en Égypte renforcent le drame narratif
Afin d’apporter plus d’impact au parcours de Moïse, DeMille développe ses années passées en tant que prince égyptien durant son enfance. Bien que la Bible mentionne qu’il a grandi à la cour du Pharaon, elle ne donne pas autant de détails sur sa vie quotidienne ni sur ses interactions avec Ramsès. En mettant en avant ces aspects là où il était privilégié et influent, le film vise à créer une accumulation dramatique qui renforce ses choix ultérieurs.
Les fléaux infligés à l’Égypte sont magnifiés visuellement
Dix fléaux sont présentés dans Les Dix Commandements avec des effets spéciaux impressionnants qui captivent les spectateurs. Contrairement au récit biblique qui reste succinct concernant ces événements cataclysmiques, le film offre des représentations saisissantes telles que les nuées de criquets ou l’eau transformée en sang. Chaque fléau devient ainsi un spectacle cinématographique soigneusement élaboré pour émouvoir et impressionner l’audience.
Mise en scène dramatique du veau d’or souligne le leadership moral de Moïse
La célèbre scène du veau d’or constitue également un tournant marquant tant dans la Bible familiale qu’au cinéma. Alors que dans l’œuvre originale les Israélites fabriquent l’idole pendant que Moïse reçoit les dix commandements sur Sinaï, DeMille propose une confrontation intense entre Moïse et ses partisans relatives aux conséquences tragiques causées par cette trahison envers Dieu. À travers cet affrontement haletant, on ressent davantage l’irruption émotionnelle soulignée par davantage d’airplay accordé à la réaction furieuse de Moïse face aux désirs idolâtres du peuple.