Je suis plutôt conservatrice, bien que je joue du violon

Esther Abrami : la violoniste qui réinvente son art

La violoniste Esther Abrami s’apprête à donner un concert exceptionnel à l’Olympia de Paris le 23 novembre. Elle y mettra en lumière son dernier album, « Women », dédié aux compositrices oubliées. Entre virtuosité et engagement, elle partage sa passion pour la musique classique tout en rompant avec certains codes.

Je suis plutôt conservatrice, bien que je joue du violon

Un parcours musical singulier

Née d’un coup de foudre pour le violon à l’âge de 9 ans, Esther Abrami se remémore son initiation lors d’un concert klezmer : « J’ai eu un coup de foudre ». Après avoir intégré le conservatoire d’Aix-en-Provence, elle part étudier à Manchester puis Londres, malgré une barrière linguistique. Elle réalise qu’être entourée de jeunes musiciens semblables lui permet de s’épanouir.

Elle souligne toutefois les risques que représente la rigueur des conservatoires pour les jeunes talents : « Il y a une différence entre discipline et découragement. La ligne est mince ».

Promouvoir les compositrices oubliées

Actuellement installée à Paris, Esther jongle entre concerts et chroniques sur Radio Classique tout en préparant un livre lié à son album. Ce projet se concentre sur des compositrices telles que Pauline Viardot, Ina Boyle, ou Chiquinha Gonzaga. Sans revendiquer une posture militante, elle déplore le manque de modèles féminins dans sa jeunesse : « Je ne savais même pas que le mot “compositrice” existait ! »

Sur les réseaux sociaux, où elle a acquis une grande popularité auprès du public jeune avec des vidéos mêlant classiques et titres pop, Esther fait face au titre inconfortable de « la violoniste de TikTok » mais répond avec humour : « Les réseaux sont un outil, pas une identité ».

Son objectif ? Rendre le violon plus accessible sans sacrifier son essence classique.

Un concert révélateur au prestigieux Olympia

Son prochain concert à l’Olympia est pour elle un rêve devenu réalité. En prévision d’une ambiance immersive marquée par une scénographie poétique et un hommage profond aux traditions ashkénazes avec sa composition intitulée « Transmission » , Esther évoque ses racines familiales en disant : « C’est un hommage à ma grand-mère, celle qui m’a mis pour la première fois un violon entre les mains ».

Avec cette ambition audacieuse et ce mélange d’innovations musicales portée par cet instrument vieux de trois siècles, elle embrasse fièrement ce qu’elle définit comme sa nature conservatrice.

Le monde du classique pourrait bien changer grâce à des artistes tels qu’Esther Abrami qui semblent déterminés à ouvrir cette forme d’art vers de nouveaux horizons tout en honorant ses fondements historiques.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.