Difficultés croissantes pour trouver des PDG au sein des entreprises
Une réduction de la gestion intermédiaire et une mauvaise planification de la succession compliquent la recherche de nouveaux leaders dans de nombreuses entreprises. Avec plus de départs parmi les PDG, le bassin de candidats s’amenuise, créant des défis pour les conseils d’administration et les sociétés de capital-investissement.

De plus en plus d’entreprises rencontrent des difficultés à trouver leurs futurs chefs, conséquence d’un « effondrement du pipeline de leadership » selon Shawn Cole, président et partenaire fondateur chez Cowen Partners. Ce phénomène est aggravé par une tendance à réduire les niveaux intermédiaires de gestion, privant ainsi les entreprises des successeurs potentiels.
Près de 14,8% des changements de PDG surviendront cette année au sein du S&P 500, un taux prévisionnel record depuis 2001. En seulement trois mois en 2024, un nombre sans précédent de 646 directeurs généraux a quitté leur poste aux États-Unis.
Les entreprises veulent des leaders avec de meilleures idées
Cole souligne que les conseils d’administration sont en quête urgente « de meilleures idées dans la pièce », ce qui pousse certains à rechercher désespérément un nouveau PDG visionnaire capable d’innover. Le mandat moyen d’un PDG atteint désormais seulement 8,3 ans, comparé à 8,9 ans l’année précédente.
Certaines grandes sociétés continuent cependant à promouvoir leurs dirigeants internes. Par exemple, Warren Buffett a annoncé qu’il se retirerait cette année après 55 ans à la tête du Berkshire Hathaway; son successeur sera Greg Abel.
Le travail mobile peut ne pas aider
Les nouvelles générations semblent moins enclines à gravir les échelons au sein d’une même entreprise. Jason Schloetzer, professeur agrégé à l’Université de Georgetown, confirme que certains diplômés préfèrent changer fréquemment d’employeur plutôt que suivre une progression linéaire traditionnelle vers des postes C-suite.
Inquiétudes économiques dissuasives
L’incertitude économique actuelle pourrait également jouer contre l’attrait pour ces postes très exposés : peu souhaitent prendre la direction pendant que se dessinent divers aléas économiques comme l’évolution des taux d’intérêt ou les tensions commerciales.
Les hauts dirigeants hésitent donc avant d’accepter un changement périlleux qui pourrait impacter directement leur avenir professionnel. Ces dynamiques soulignent l’urgence pour beaucoup d’entreprises non seulement à repenser leur approche du recrutement mais aussi celle du développement interne afin garantir leurs futurs successions.