Critique de Beyond Fest : « Vincent Must Die » frustre malgré une prémisse prometteuse

Vincent (Karim Leklou) court pour sauver sa vie dans « Vincent Must Die ». Photo gracieuseté de XYZ Films Vimala Pons et Karim Leklou jouent dans « Vincent Must Die ». Photo gracieuseté de XYZ Films

Le film français Vincent Must Die, projeté au Beyond Fest à Los Angeles, est particulièrement frustrant car il a une idée très intelligente. Mais l’exécution de cette prémisse est incohérente.

Vincent (Karim Leklou) est au bureau en train de faire son travail de graphiste lorsqu’un stagiaire se met à le tabasser avec un ordinateur portable. Le lendemain, un autre collègue commence à se poignarder la main avec un stylo.

Vincent découvre que les attaques commencent à chaque fois qu’il établit un contact visuel avec une autre personne. Vincent s’installe donc dans la maison isolée de son père pour se tenir à l’écart des agresseurs potentiels, c’est à dire de tout le monde.

Il ne faut pas longtemps pour que Vincent aspire au contact humain. Vincent se connecte avec Margeaux (Vimala Pons), une serveuse qui apporte ses commandes dans sa voiture.

Vincent développe une routine pour se débrouiller seul, ce qui rend flagrant alors que des méthodes beaucoup plus simples ne lui viennent même pas à l’esprit. Par exemple, il ne pense jamais à bander les yeux de Margeaux lorsqu’ils sont assis ensemble.

Mais ensuite, le film joue également vite et librement avec la règle du contact visuel direct. Il y a beaucoup de regards lancés entre Vincent et les autres, mais il est souvent clair qu’ils ont établi un contact visuel et n’ont pas déclenché d’attaque.

Le principe est une vision unique des zombies, ce qui en fait des zombies plus personnels qui n’attaquent qu’une seule personne. Ils sont implacables, car même une flaque d’eau septique ne dissuadera personne d’attaquer le pauvre Vincent.

Pourtant, si les règles ne sont pas cohérentes, il est difficile de trop s’investir dans le sort de Vincent. Le film ne cesse de contourner les règles du contact visuel, soulevant la question suivante : pourquoi Vincent ne regarde-t-il pas simplement ses pieds chaque fois qu’il est à distance de frappe d’une autre personne ?

Son père (François Chattot) était-il immunisé ou la famille est-elle compatible ? Ils se sont certainement regardés dans les yeux.

L’histoire fonctionne également comme une parabole sur la pandémie de COVID-19. L’isolement est l’alternative la plus sûre pour Vincent, et partout où il va, il soupçonne que des étrangers pourraient le tuer, car dans ce cas, ils essaieraient littéralement.

Vincent rencontre une autre personne (Michaël Perez) qui l’oriente vers une communauté de Sentinelles, des personnes ciblées par des inconnus pour les attaquer. Les Sentinelles disposent d’un site Web et d’un forum de discussion sur lesquels ils partagent des conseils pour rester en sécurité, tout comme les survivants de la pandémie de COVID-19.

Ce n’est pas non plus un blockbuster hollywoodien qui peut montrer des villes pleines de gens poursuivant inconsidérément Vincent. Il y a quelques décors impliquant des foules qui sont bien exécutés, mieux que des scènes en tête-à-tête qui continuent d’enfreindre les règles.

Au moment où Vincent Must Die pose des questions pertinentes, il a violé trop de ses propres règles. Il se demande ce qui est le pire : être attaqué ou être un attaquant insensé ? Une question valable, mais qui serait plus poignante si le film avait été cohérent d’un bout à l’autre.

XYZ Films sortira Vincent Must Die aux États-Unis

Il est critique de cinéma professionnel depuis 1999, critique de Rotten Tomatoes depuis 2001 et membre de la Television Critics Association depuis 2012 et de la Critics Choice Association depuis 2023. Apprenez-en davantage sur son travail dans le domaine du divertissement.

Journaliste spécialisé dans l’actualité, je combine dix ans d’expérience en rédaction avec une curiosité constante pour la société et l’innovation. Marié et passionné de randonnée, j’aime partager une information claire, fiable et accessible à tous.