Springsteen : Deliver Me from Nowhere, une biographie incomplète et cliché
- Le film se concentre uniquement sur la création de l'album Nebraska.
- Il reproduit les clichés classiques des biopics sans profondeur.
- Les aspects psychologiques et personnels de Springsteen sont peu exploités.
- Il manque d'authenticité et d'exploration des thèmes complexes de sa vie.

Le film « Springsteen : Deliver Me from Nowhere », qui sortira en salles le 22 octobre 2023, se concentre sur la création de l’album Nebraska de Bruce Springsteen. Réalisé par Scott Cooper et mettant en vedette Jeremy Allen White, le film est critiqué pour sa tendance à reproduire les clichés des biopics tout en explorant superficiellement la vie du célèbre musicien.
Un projet centré sur un seul album
Dans ce nouveau film, Bruce Springsteen est incarné par Jeremy Allen White, accompagné de Jeremy Strong dans le rôle de son manager, Jon Landau. L’intrigue débute après la tournée de Springsteen en 1981, alors qu’il s’installe à Colts Neck, dans le New Jersey, où il commence à travailler sur Nebraska. L’inspiration initiale vient d’un visionnage du film « Badlands » réalisé par Terrence Malick, déclenchant une recherche sur les criminels réels qui ont inspiré cette œuvre cinématographique.
Une représentation superficielle des inspirations
Springsteen écrit rapidement plusieurs chansons qui figureront plus tard dans son répertoire. Le directeur de Columbia Records, Al Teller, assure que le label attend un suivi à succès après “The River”, mettant une pression supplémentaire sur l’artiste pour créer des hits tout en négligeant ses intentions personnelles et artistiques. Le film laisse pourtant entendre que Springsteen n’avait pas encore cinq albums à son actif avant Nebraska.
Thèmes psychologiques mal exploités
La projection des flashbacks montre un jeune Bruce devant faire face aux abus familiaux sans creuser réellement la façon dont ces expériences nourrissent sa musique. Bien que le film souligne les problèmes de santé mentale rencontrés par Springsteen au fil du temps, il ne cherche pas à approfondir cet aspect crucial de sa vie artistique.
La relation personnelle mise sous tension
La romance entre Springsteen et Faye (interprétée par Odessa Young) est également traitée avec peu d’originalité. La relation souffre inévitablement des obsessions artistiques du protagoniste, un récit souvent vu dans d’autres biopics.
Une critique mitigée mais prévisible
Fred Topel souligne dans sa critique que malgré certaines notes positives liées à la performance de Jeremy Allen White, le film produit relègue souvent l’exploration profonde au second plan pour recourir aux clichés narratifs habituels du genre musical.
À travers cette exploration parcellaire et parfois incohérente d’une période clé de sa carrière musicale, uniquement centrée sur 1982, « Deliver Me from Nowhere » souffre finalement d’un manque flagrant d’authenticité selon les critiques.
En s’appuyant sur une approche simplifiée des thèmes complexes liés à l’artiste mythique américain qu’est Bruce Springsteen, ce biopic semble promettre plus qu’il ne tient véritablement compte de l’héritage monumental laissé par celui qu’on surnomme « le Boss ».