Une technologie inquiétante au service du récit
Dans son nouveau film, The Shrouds, le réalisateur David Cronenberg intègre un élément technologique inspiré des créations d’Elon Musk. Un véhicule Tesla est utilisé par l’antagoniste pour amener le protagoniste Karsh (incarné par Vincent Cassel) à un lieu mystérieux. Comme il l’affirme, « J’aime toujours ma Tesla », soulignant que son appréciation pour le véhicule n’est pas liée à son créateur.
Le film introduit une invention originale : les chandails funéraires, qui transmettent la décomposition des corps aux vivants afin de faciliter leur deuil. Karsh, propriétaire d’un cimetière utilisant cette technologie, se débat avec la perte de sa femme Becca (Diane Kruger), décédée d’un cancer. Les réminiscences autour de Becca et de sa sœur jumelle Terry (également jouée par Kruger) ajoutent une profondeur émotionnelle à l’intrigue.

Un voyage à travers le chagrin
La réalisation de ce film a été pour Cronenberg un moyen de gérer son propre chagrin après la mort de sa femme Carolyn en 2017. Il explique : « Faire des films est ma façon de gérer le monde et d’en faire l’expérience ». Toutefois, il précise que The Shrouds ne doit pas être considéré comme une forme d’art-thérapie. Selon lui, « Ce film est juste sur mes réflexions concernant la condition humaine telle que je vis et vois ».
Âgé de 82 ans et vêtu simplement lors d’une interview en avril 2023, Cronenberg aborde les thèmes universels tels que la vie, la mort, l’amour et même les voitures Tesla avec ironie.
Réflexion sur la créativité face à la douleur
Cronenberg décrit comment il a abordé ses réactions face au décès dans un cadre fictif : « Avec le film The Shrouds, je dis simplement ‘J’ai eu cette expérience ; je mets cela sous une forme fictive’ ». Son processus créatif découle également du désir profond qu’il ressentait lorsqu’il devait faire ses adieux à sa femme : « Je voulais vraiment entrer dans le cercueil avec elle ».
Cette renaissance lui a permis non seulement d’explorer ses propres luttes mais aussi celles des autres personnages qu’il crée.
Péripéties personnelles entre cinéma et adaptation littéraire
Dans cet entretien riche en réflexions personnelles, il fait allusion aux défis financiers liés à cette industrie fluctuante où définir ce qu’est véritablement le succès devient complexe : « Vous n’avez aucune idée combien votre film a rapporté ou non… Lorsque vous faites encore appel à l’argent des autres pour faire vos projets ».
« La possibilité d’extinction existe » dit-il aussi pour rappeler combien certains classiques peuvent disparaître sans renouvellement ni restauration nécessaire.
Avec tous ces enjeux contemporains pesant sur lui ainsi que sur toute l’industrie cinématographique actuelle, Cronenberg reste déterminé à poursuivre sa passion malgré toutes les incertitudes : « Actuellement je réfléchis à adapter mon roman Consumed. C’est toujours un mystère ».
L’œuvre prend donc racine dans une dualité entre innovation artistique personnelle et défis collectifs auquel est confrontée toute création cinématographique aujourd’hui.