Chimie de l’art : le musée du Louvre victime d’un vol audacieux
Le 19 novembre 2025, un cambriolage au Musée du Louvre a conduit au vol de huit bijoux inestimables, parmi lesquels se trouve le diadème en perles et diamants de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Ce bijou brillant possède une histoire captivante et un parcours singulier qui relient la royauté française à des maisons aristocratiques européennes.
Un chef-d’œuvre exceptionnel
Le diadème en argent de l’impératrice Eugénie est composé de 212 perles d’Orient, dont 17 en poire, ainsi que 1 998 diamants et 992 brillants en taille rose. Exposé dans la Galerie d’Apollon au Musée du Louvre à Paris, il faisait partie des bijoux dérobés lors du cambriolage.
Une création signée par Lemonnier
Conçu peu après son mariage avec Napoléon III célébré le 29 janvier 1853, le diadème est signé par le joaillier parisien Alexandre Gabriel Lemonnier. À l’origine, il fait partie d’une somptueuse parure comprenant également une broche d’épaule.
Son parcours historique
Sous la IIIe République française, ce joyau n’a pas échappé à la vente orchestrée pour financer les besoins gouvernementaux. Le bijou fut adjugé lors des enchères des 12 et 13 mai 1887 au joaillier Julius Jacoby. En 1890, il débute un nouveau chapitre lorsqu’Albert, 9e prince von Thurn und Taxis, l’achète comme cadeau de mariage pour son épouse future, l’archiduchesse Margarethe Klementine d’Autriche.
Il refait surface lors du mariage entre Johannes, le 11e prince von Thurn und Taxis, et la comtesse Gloria von Schönburg-Glauchau en 1980. Deux ans après la mort financièrement contrainte de son mari laissant derrière lui une dette importante estimée à 500 millions de dollars, Gloria vend le diadème qui devient alors un lot phare lors de la vente « The Thurn und Taxis Collection » organisée par Christie’s à Genève.
Ensuite, il est acquis par la Société des Amis du Louvre qui dépose ce précieux bien dans les collections permanentes du musée afin qu’il puisse y retrouver sa place aux côtés des autres Diamants de la Couronne.
Ce vol souligne non seulement l’importance culturelle inestimable détenue par ces objets historiques mais également leur vulnérabilité face aux menaces contemporaines. La protection des biens artistiques demeure plus cruciale que jamais dans notre société moderne.