Disparition mystérieuse du juge Paolo Adinolfi : des fouilles à la Casa del Jazz

Trente et un ans après la disparition inexpliquée de Paolo Adinolfi, magistrat intègre, de nouvelles fouilles ont été entreprises à la Casa del Jazz, ancienne résidence d’Enrico Nicoletti, trésorier de la célèbre organisation criminelle romaine, la banda della Magliana. Cette enquête relance les spéculations sur le sort d’un homme dont l’intégrité fait toujours débat.
Le 2 juillet 1994, le juge Adinolfi disparaît d’une façon troublante. Agé de 52 ans et conseiller à la Cour d’appel de Rome, il se dispute avec sa femme Nicoletta au sujet d’un concert avant de quitter leur domicile. Il laisse derrière lui un repas préparé pour son retour – des pâtes aux haricots – qui deviendra pour sa fille un symbole douloureux. « À partir de ce moment-là, nous n’en avons plus jamais mangé », confiera-t-elle dans une interview récente.
Dans les heures suivant sa disparition, ses déplacements soulèvent des interrogations chez les enquêteurs. Le magistrat effectue plusieurs trajets suspectés ayant comme première escale une banque où il réalise un virement important avant de se rendre à différentes adresses. Un témoin rapporte l’avoir vu accompagné par un homme inconnu dans un bus. « Nous avons un peu bavardé. Il ne semblait pas agité », raconte cet interlocuteur.
Les hypothèses autour de cette tâche énigmatique sont multiples : départ volontaire ou malheureux incident médical ? Les policiers explorent aussi le lien potentiel entre cette affaire et l’organisation criminelle active durant cette période.
Récemment, des fouilles ont eu lieu lors d’une inspection à proximité de cet espace culturel qui fut autrefois une plaque tournante pour le crime organisé à Rome. La Casa del Jazz est désormais sous surveillance en raison d’un tunnel abandonné mentionné par an ancien magistrat, Guglielmo Muntoni. « Nous soupçonnons que ce tunnel ait été utilisé pour dissimuler des objets que le gang pourrait récupérer via une trappe », indique-t-il, ajoutant qu’il pourrait peut-être contenir même des corps.
Les enfants du juge Adinolfi ont assisté aux nouvelles fouilles mais demeurent sceptiques quant aux résultats potentiels : « Il ne nous reste plus qu’à attendre. Nous n’avons rien d’autre à dire », a déclaré Lorenzo sur place tout en demandant respect pour leur douleur.
L’ancien président du tribunal avait révélé qu’Adinolfi s’était opposé frontalement aux intérêts corrompus lors de son travail dans affaires judiciaires complexes comme celle liée à la société Fiscom suspectée de pratiques douteuses.
Ces fouilles pourraient-elles enfin faire éclore des vérités cachées depuis trop longtemps ? Le mystère persiste autour du sort tragique du juge incorruptible alors que les dessous obscurs du crime organisé continuent hanter les rues romaines.