Le documentaire « Slauson REC », présenté dimanche au Festival de Cannes, retrace les deux années tumultueuses du projet artistique initié par l’acteur Shia LaBeouf. De sa promesse d’un espace créatif à son comportement destructeur, le film dévoile les joies et les excès qui ont marqué cette aventure collective.
En 2018, Shia LaBeouf, éprouvé et en quête d’aide, a annoncé sur Twitter la création d’un rassemblement au Slauson Rec Center à Los Angeles. Il invita quiconque désireux de partager une histoire authentique à se joindre à lui pour un projet encore indéfini. « Je cherche vraiment des collaborateurs », affirmait-il.

L’Arrivée de Leo Lewis O’Neil
Parmi ceux qui répondirent à cet appel figurait Leo Lewis O’Neil, un jeune Texan fraîchement installé en Californie. Le premier samedi fut plus une rencontre festivo-créative qu’une réelle classe. Néanmoins, l’énergie palpable suscita l’intérêt d’O’Neil qui devint rapidement archiviste officiel du groupe naissant.
Au fil du temps, alors que le Slauson Rec Theatre Company prenait forme, la dynamique changea. Les premières réussites furent éclipsées par la frustration grandissante de LaBeouf face aux membres du groupe. Malgré ces tensions émergentes, O’Neil tenait toujours son mentor dans une forme d’admiration : « C’est une œuvre d’amour pour son ancien mentor », notait-il.
Un Tournant Sombre
Le documentaire présente aussi bien la créativité florissante que la déchéance brutale causée par la colère de LaBeouf. Alors que le collectif commençait à préparer sa pièce « le nouvel humain », leur ambiance oscilla entre enthousiasme et tension croissante alimentée par des accès de rage où il ne recula pas devant les agressions physiques.
« Il n’y a pas d’autre moyen de décrire LaBeouf attaquant… que des ‘agressions’ », estiment certains critiques après avoir visionné ces événements poignants enregistrés par O’Neil.
Réflexion et Émotion Finale
Vers la fin de ce voyage cinématographique d’une durée deux heures et demie se trouve un moment clé : lors d’une interview post-mortem avec O’Neil, LaBeouf exprima ses remords tout en évoquant son besoin fondamental de recherche personnelle : « C’est le signal de vertu ultime ». Ce dernier ajouta qu’il devait des excuses aux membres du groupe mais n’était pas sûr de pouvoir se racheter.
La projection fut saluée par une ovation debout au Festival de Cannes où tant l’artiste que le réalisateur purent ressentir un semblant de clôture face aux tumultes des échanges artistiques passés, même si cela s’avéra trop coûteux pour certains membres impliqués dans cette expérience unique mais chaotique.
« Slauson REC » illustre ainsi non seulement les périls liés aux ambitions créatives mais souligne également comment la célébrité peut aggraver les défauts plutôt que les résoudre; un constat troublant sur les défis auxquels sont confrontés ceux qui naviguent entre succès public et échecs personnels sous le regard scrutateur du monde entier.