Le président Donald Trump a donné un ordre le mardi 17 octobre 2023, demandant au Doge Office de collaborer avec le ministère de la Sécurité intérieure pour examiner les listes d’enregistrement des électeurs dans chaque État. L’administratrice du Doge Office, Amy Gleason, est chargée de cette tâche pour évaluer les informations publiques sur les électeurs.
Bien que le décret précise l’importance de cette mission, il reste flou quant à l’usage précis qui sera fait de ces données collectées.

Aucun pouvoir pour retirer des noms sur la liste
Il est essentiel de noter qu’aucun fonctionnaire fédéral, y compris ceux travaillant sous la direction du Doge Office, ne dispose du pouvoir légal pour éliminer quelqu’un des listes d’électeurs d’État. Comme le souligne Rick Hasen, expert en droit des élections et professeur à l’Université UCLA : « Doge n’a certainement pas le pouvoir de lancer les gens ». Néanmoins, il prévient que cela pourrait susciter « beaucoup de bruit en essayant de prétendre avoir trouvé une fraude lorsque les inscriptions ne sont pas tenues à jour ».
Les antécédents et la controverse actuelle
Cette décision survient dans un contexte déjà tendu où plusieurs poursuites ont été lancées concernant certaines tentatives du Doge Office d’accéder à des données sensibles non publiques. Selon un rapport publié par la Conférence nationale des législatures des États, certains États limitent leur accès aux informations sur les électeurs.
En effet, lors du premier mandat de Trump en tant que président, quarante-quatre États avaient rejeté une demande similaire portant sur les informations relatives aux votants. À l’époque, Kris Kobach avait déclaré que ces données seraient éventuellement rendues publiques.
La question persistante de la fraude électorale
Trump continue également d’affirmer sans preuve qu’il aurait remporté l’élection présidentielle en 2020 et évoque souvent une prétendue fraude empêchant sa victoire au vote populaire depuis son succès en 2016. Dans ce contexte polémique autour du suffrage citoyen, certains audits récents ont révélé que quelques non-citoyens se sont inscrits illégalement pour voter ; ainsi, la Géorgie a identifié vingt cas parmi plus de huit millions d’électeurs inscrits dans cet État.
Hassan remarque aussi : « Nous verrons ce qui se passe cette fois », soulignant que cela pourrait relancer un conflit ancien entre différentes entités gouvernementales concernant l’accès aux données électorales.
Avec ces développements récents et continues allusions à la fraude supposée dans le processus démocratique américain, il est évident que le sujet nécessite vigilance et analyse approfondie quant à ses répercussions sur le climat politique actuel.