Changement de stratégie chez Donald Trump : les grâces présidentielles au service de ses alliés
- Donald Trump utilise les grâces présidentielles pour favoriser ses alliés.
- Le processus de grâce est centralisé à la Maison-Blanche.
- Trevor Milton, condamné pour fraude, a bénéficié d'une grâce.
- Les lobbyistes influencent les décisions de grâce.

Ce pouvoir est désormais exploité pour favoriser ses soutiens, riches donateurs et alliés politiques.
Réforme du processus de grâce
Autrefois supervisé par le ministère de la Justice, le processus de grâce est désormais centralisé à la Maison-Blanche. Cela permet à Trump d’exercer un contrôle direct sur ce processus, lui-même s’investissant régulièrement en demandant : « Où en sont mes grâces ? »
Des bénéficiaires controversés
Parmi les premiers bénéficiaires se trouve Trevor Milton, fondateur de Nikola Corporation, condamné pour fraude en 2022 après avoir contribué à hauteur de 1,8 million de dollars à la campagne électorale de Trump. C’est le secrétaire à la Santé, Robert Kennedy Jr, qui a plaidé sa cause auprès du président.
Influence des lobbyistes
D’autres victimes potentielles de condamnations pénales se tournent vers des lobbyistes influents près du pouvoir pour obtenir une grâce. Par exemple, Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX accusé de blanchiment d’argent et ayant employé Roger Stone (gracié par Trump en 2020), a été récompensé par une grâce récemment.
Les cas se multiplient : Roger Ver, un entrepreneur crypto surnommé « Bitcoin Jesus » pour ses activités frauduleuses envers le fisc américain s’élevant à plusieurs dizaines de millions, a tenté d’organiser une défense coûteuse impliquant jusqu’à cinq lobbyistes proches du président.
Grâces aux émeutiers du Capitole
Dès son accession au pouvoir, Trump a également accordé des grâces à environ 1 500 émeutiers condamnés suite aux événements du 6 janvier 2021. Cette décision est considérée comme un geste favorable envers sa base politique.
Critiques grandissantes
Ce mode opératoire suscite des critiques importantes parmi les experts juridiques. Pour Peter Zeidenberg, ancien procureur spécialisé dans les affaires médiatiques : « Une grâce est censée revenir à une personne ayant payé sa dette ou ayant subi une injustice ». Il déplore que ce puisse devenir un système favorisant uniquement ceux capables d’offrir quelque chose en retour.
L’instrumentalisation croissante des grâces révèle ainsi un profond changement dans le paysage politique américain et soulève des questions sur la répartition équitable de la justice sous l’administration actuelle.