Le 18 mai 1995, Jacques Chirac annonce la nomination de son gouvernement, qui se distingue par la présence notable de 12 femmes, représentant près de 30% des 42 ministres. Cependant, ce coup politique ne fera pas long feu face aux difficultés rencontrées par l’exécutif.

- Le 18 mai 1995, Jacques Chirac nomme 12 femmes ministres.
- Le gouvernement est novateur avec l'intégration de femmes, mais rencontre des défis.
- Alain Juppé veut réformer l'Assurance maladie, ce qui cause des tensions.
- Seules quelques-unes des Juppettes conservent leurs postes après le remaniement.
Un gouvernement novateur
Après sa victoire présidentielle, Jacques Chirac et son Premier ministre Alain Juppé mettent en place un cabinet empreint d’un certain audace. Comprenant que la composition du gouvernement doit refléter l’équilibre politique tout en intégrant davantage de femmes, ils surprennent avec la nomination de douze femmes au sein du nouveau gouvernement. Parmi elles figurent quatre ministres de plein exercice : Élisabeth Hubert à la Santé, Colette Codaccioni à la Solidarité, Corinne Lepage à l’Environnement et Françoise de Panafieu au Tourisme. Huit secrétaires d’État complètent cette équipe aux ambitions égalitaires.
Chirac fait alors preuve d’un certain optimisme, entouré de ses nouvelles recrues et affichant « Les Juppettes » comme un symbole fort.
Les défis des premières semaines
Malgré ces avancées symboliques pour la représentation féminine en politique française, les mois suivants se révèlent tumultueux. Le Premier ministre Alain Juppé veut initier des réformes majeures telles que celle sur l’Assurance maladie. Cela suscite immédiatement des tensions au sein du cabinet. Élisabeth Hubert avertit : « Ça va te péter à la gueule ». En effet, confrontés à d’importants mouvements sociaux et à des critiques croissantes dans les sondages, Chirac et Juppé doivent rapidement faire un choix difficile concernant leur équipe.
Remaniement redouté
Dorénavant exclues du pouvoir effectif sont Élisabeth Hubert ainsi que plusieurs autres membres connues sous le nom affectueux mais tranchant des « Juppettes ». Seules quelques-unes réussissent à conserver leurs fonctions au sein du nouvel exécutif resserré autour de 31 ministres.
Réflexions sur les nominations
Jacques Chirac avait pourtant souligné avant même sa prise de fonction que trouver des candidates expérimentées pour occuper un poste ministériel n’était pas chose aisée : « Pour exercer des fonctions ministérielles, c’est un métier ! N’importe qui ne peut s’improviser n’importe quoi ». Ces entrevues rappellent qu’un coup médiatique peut toujours avoir une portée imprévue pour ceux qui croient qu’il suffit d’avoir une bonne intention derrière chaque décision politique.
La déception ressentie suite au départ précipité des « Juppettes » illustre mieux que jamais les difficultés persistantes liées à l’intégration réelle des femmes dans les sphères décisionnelles éminentes en France.