Les entreprises de formation en IA à un tournant : nouvelles exigences et valorisations en hausse
Jonathan Siddharth, PDG de Turing, a déclaré que l’étiquetage simple des données est devenu obsolète, alors que les besoins des modèles d’IA évoluent vers des données plus complexes. Dans un épisode du podcast « 20VC » , il souligne le rôle essentiel que doivent jouer les entreprises de formation en IA comme partenaires proactifs pour les laboratoires de recherche.
Siddharth s’est exprimé sur la transformation du secteur lors d’un épisode diffusé lundi. Selon lui, le travail traditionnel d’étiquetage – consistant principalement à marquer des images et classer du texte – ne répond plus adéquatement aux exigences actuelles. « L’ère des entreprises d’étiquetage des données est révolue », a-t-il affirmé. Les modèles actuels, y compris ceux basés sur l’apprentissage par renforcement, nécessitent une approche fondée sur « davantage de données du monde réel ». Les grands laboratoires attendent désormais une collaboration innovante avec ces sociétés, devenues, selon lui, des « partenaires de recherche proactifs ».
Pour faire face à cette transition, Siddharth insiste sur la nécessité pour les entreprises d’intégration d’IA de créer un cadre adapté aux environnements d’apprentissage simulés qui reflètent les flux de travail humains dans divers secteurs. Il appelle également au recrutement d’experts dans différents domaines pour transformer cette vision en réalité.
Concernant Turing, celui-ci a récemment levé 111 millions de dollars lors d’une série E pour atteindre une valorisation totalisant 2,2 milliards $. La société prévoit un chiffre d’affaires annuel atteignant 300 millions de dollars pour 2024, soit presque trois fois plus qu’en 2023.
Montée significative des startups consacrées à l’étiquetage par IA
La dynamique actuelle favorise aussi une montée sans précédent des startups spécialisées dans l’étiquetage par IA. En juin dernier, Meta a acquis une participation de 49% dans Scale AI avec une valorisation supérieure à 29 milliards dollars. De même Mercor a annoncé en octobre avoir finalisé un financement évaluant sa startup à 10 milliards dollars.
Enfin, cette demande croissante engendre aussi un marché noir attaché aux accès non autorisés aux plateformes dédiées. Un article récent révèle que plus de 100 groupes Facebook ont déjà été recensés vendant accès frauduleux non seulement pour éviter les contraintes imposées mais aussi profiter pleinement des opportunités présentes dans ce secteur émergent.