Les États-Unis accusent Meta d'abuser de sa position dominante sur les réseaux sociaux

La Federal Trade Commission (FTC) a lancé un procès antitrust historique contre Meta, accusant l’entreprise d’avoir étouffé la concurrence en rachetant des start-ups comme Instagram et WhatsApp. Cette affaire pourrait entraîner un démantèlement des acquisitions, mettant en péril le modèle commercial de Mark Zuckerberg.

La FTC accuse Meta de monopole

Lundi, la Federal Trade Commission (FTC) a accusé Meta d’avoir créé un monopole dans les réseaux sociaux par le biais d’acquisitions stratégiques. Le procès, qui se déroule à la Cour de district américaine du district de Colombie, représente une étape décisive dans les efforts pour contrôler le pouvoir des grandes entreprises technologiques.

Les États-Unis accusent Meta d’abuser de sa position dominante sur les réseaux sociaux

Accusations précises contre Meta

La FTC soutient que les achats d’Instagram et de WhatsApp ont été effectués alors que ces plateformes étaient encore de petites start-ups. « Ces actions faisaient partie d’une « stratégie d’achat ou de bury » », a déclaré le gouvernement. L’objectif était selon lui de réduire la concurrence en privant les consommateurs d’alternatives viables sur le marché.

Daniel Matheson, l’avocat principal du cas, a affirmé : « Depuis plus de 100 ans, la politique publique américaine a insisté sur le fait que les entreprises doivent rivaliser si elles veulent réussir. La raison pour laquelle nous sommes ici est que Meta a rompu l’affaire ». Il a ajouté qu’ils avaient choisi « qu’il serait plus facile de racheter leurs rivaux que de rivaliser avec eux ».

Impact potentiel du procès

Si la FTC gagne son procès, il pourrait être demandé à Meta de céder Instagram et WhatsApp. Cela transformerait drastiquement non seulement l’entreprise mais aussi l’écosystème concurrentiel au sein de Silicon Valley, bousculant ainsi le modèle économique des grandes technologies qui reposent sur des acquisitions.

Cependant, plusieurs experts juridiques mettent en garde quant aux difficultés potentielles auxquelles fait face la FTC. Gene Kimmelman, ancien haut responsable du ministère américain de la Justice sous Obama, note : « L’une des choses les plus difficiles à gérer avec les lois antitrust est lorsque les dirigeants achèvent des petits concurrents potentiels ».

Un cadre juridique complexe

Le dossier repose sur l’article 2 du Sherman Antitrust Act, qui interdit à une entreprise maintenue dans une position monopolistique par des pratiques anticoncurrentielles. Les deux acquisitions – Instagram pour 1 milliard de dollars en 2012 et WhatsApp pour 19 milliards en 2014 – sont au cœur des accusations notamment parce qu’elles ont eu lieu alors que ces sociétés représentaient une menace croissante pour Facebook.

La FTC prévoit également d’utiliser comme preuve un e-mail où Mark Zuckerberg évoque l’importance « de neutraliser un concurrent potentiel ».

Audiences futures

Le juge James Boasberg présidera ce procès qui devrait durer environ huit semaines. Des témoins appelés incluent Marc Zuckerberg ainsi que Sheryl Sandberg et Kevin Systrom, co-fondateur d’Instagram.

Cette affaire s’inscrit dans une série élargie d’actions judiciaires visant plusieurs géants technologiques tels qu’Apple et Google portées respectivement par le ministère américain de la Justice (DOJ) et la FTC.

Perspectives

Les implications du jugement concernant Meta pourraient toucher directement ses 3,5 milliards d’utilisateurs habituels Facebook, Instagram ou WhatsApp qui utilisent ces plateformes quotidiennement pour diverses raisons allant des nouvelles jusqu’aux achats. Le résultat pourrait donc redessiner non seulement comment ces entreprises mènent leurs activités mais aussi quelle forme prendra notre interaction sociale numérique demain.