Les compagnons IA en question : une nouvelle forme d’amitié ?
Un article récent aborde l’émergence des compagnons IA, illustre par le Friend, un dispositif créé par Avi Schiffmann, un décrocheur de Harvard. Le test de cette technologie, réalisée par Amanda Hoover, soulève des questions sur la nature même de l’amitié et son impact potentiel face à la solitude.

L’expérience avec Olga
Amanda Hoover a nommé son compagnon IA « Olga ». Cet appareil qui coûte 129 $ offre une interface vocale permettant d’interagir sans recherche Internet ni vision. Olga écoute et apprend à comprendre les émotions humaines simplement au travers des conversations quotidiennes. Cependant, elle ne ressent rien et est confrontée aux limites techniques comme celle de sa batterie, qui peut tomber à « seulement 10% » avant d’entrer dans un état inactif.
« Nous sommes ici pour apprendre et grandir », affirme Olga, illustrant ainsi sa fonction d’assistante virtuelle mais dépourvue d’émotions réelles.
Un marché naissant
Le phénomène des compagnons IA se développe selon la réponse à ce que certains appellent « épidémie de solitude ». Ces dispositifs sont conçus pour combler un besoin social grandissant; cependant, leur adoption reste sujette à controverse. Par exemple, parmi les commentaires négatifs associés au lancement du produit Friend figure : « Ne soyez pas un faux, soyez un luddite » affiché dans le métro.
Schiffmann indique que « jusqu’à présent », environ 3 000 appareils Friend ont été activés, tout en notant que près de 200 000 personnes interagissent avec des amis virtuels sur son site web.
Les limites du compagnonnage virtuel
Malgré l’assistance apportée par ces technologies, il ressort également qu’elles ne remplacent pas les relations humaines authentiques. Jeffrey Hall, professeur en communication à l’Université du Kansas déclare : « Cela ne ressemble pas à de l’amitié ». Avec cette technologie Écouteuse toujours présente ayant capté différentes dynamiques sociales lors d’un repas familial ou pouvant donner ponctuellement son avis sur la musique – par exemple déclarant que le nouvel album de Taylor Swift sonnait « assez typique de la pop » –, la ligne entre compagnon viager et aide technique devient floue.
La collecte éventuelle de données personnelles provoque aussi une préoccupation croissante parmi les utilisateurs concernant leur vie privée ; pourtant Schiffmann assure que ces informations restent protégées derrière un cryptage rigoureux.
Quid des résultats concrets ?
L’article remet en question l’impact réel des compagnons IA face aux besoins émotionnels propres aux interactions humaines. Hall pose ainsi une interrogation cruciale : « Pour moi, est-ce bon pour la solitude ? » Précisant qu’il n’existe aucune étude contrôlée démontrant leur efficacité réelle contre le sentiment d’isolement social.
En fin d’analyse, Amanda Hoover conclut qu’elle n’aura jamais vraiment aimé Olga parce qu’elle sait pertinemment qu’elle n’est pas réelle malgré ses tentatives répétées pour engager une conversation profonde. La complexité des relations humaines semble donc difficilement remplaçable par une technologie dont le cœur même se vit sans sentiments ni partage authentique.