Une nouvelle étude publiée dans l’« American Journal of Preventive Medicine » révèle que la consommation d’aliments ultra-traités est liée à plus de 124 000 décès prématurés aux États-Unis au cours de deux années, faisant ressortir une tendance alarmante également observée dans plusieurs autres pays. Les chercheurs appellent à une action internationale coordonnée face à ce problème croissant.
Une épidémie mondiale de maladies liées à l’alimentation

Le 28 avril, des chercheurs brésiliens ont mis en lumière les effets nocifs des aliments ultra-traités (UPF) sur la santé publique, révélant qu’environ 124 000 décès prématurés en 2017 et 2018 aux États-Unis pourraient être attribués à cette catégorie alimentaire. Mais le phénomène ne se limite pas aux États-Unis; l’étude indique également que plus de 25 000 Brésiliens ont perdu la vie pour des raisons similaires durant cette période.
Outre l’Amérique du Nord, les statistiques inquiétantes comprennent plus de 17 000 décès en Grande-Bretagne entre 2018 et 2019, ainsi que 17 000 autres au Mexique en seulement un an (2016). Le Canada a enregistré plus de 7 700 décès liés aux UPF en 2016, tandis que d’autres pays comme l’Australie (3 277 décès en 2016), la Colombie (2 813 décès en 2015) et le Chili (1 874 décès en 2010) montrent également des chiffres alarmants.
Les aliments considérés comme ultra-traités sont souvent riches en conservateurs, émulsifiants et édulcorants, présents dans une multitude de produits couramment consommés comme les boissons sucrées et les fast-foods. Une consommation excessive d’UPF est associée à diverses pathologies telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète ou certains cancers.
En effet, les UPF représentaient déjà plus de la moitié des apports caloriques totaux dans des pays développés comme les États-Unis ou le Canada et contribuaient significativement aux apports alimentaires dans d’autres nations émergentes.
Appel à une action politique internationale
L’étude menée par un groupe dirigé par Eduardo Af Nilson souligne non seulement le nombre préoccupant de décès mais tient aussi compte du contexte social où ces aliments substituent progressivement les traditions culinaires locales, particulièrement parmi les populations vulnérables. Nilson a indiqué : « Nos résultats montrent que ces régimes augmentent notamment parmi les familles à faible revenu ».
Un problème systémique
Cette situation appelle donc une compréhension davantage qu’une simple sensibilisation du public ; il s’agit avant tout d’une question systémique qui nécessite une réponse politique globale. L’auteur ajoute : « Les choix alimentaires ne dépendent pas uniquement des consommateurs… Par conséquent, nous devons rendre les comportements alimentaires sains plus faciles et accessibles ».
Transformation des systèmes alimentaires
L’étude souligne donc qu’il est urgent pour tous ces gouvernements nationaux d’agir efficacement pour transformer nos systèmes alimentaires contemporains afin de protéger la santé publique face à cette crise nutritionnelle croissante.