Des personnalités du cinéma, dont Pedro Almodovar, Halle Berry et Leïla Slimani, s’unissent pour dénoncer le « silence » face à la guerre à Gaza. Une tribune a été publiée le 12 mai, soulignant l’urgence d’agir devant ce qu’ils qualifient de génocide.
Un appel puissant
Dans une tribune publiée dans « Libération » et le magazine « Variety », plusieurs centaines d’artistes ont signé un texte déclarant : « Nous, artistes et acteurs de la culture, nous ne pouvons rester silencieux tandis qu’un génocide est en cours à Gaza. » Cette déclaration fait écho aux dernières violences en Palestine, suscitant un vaste soutien au sein du monde cinématographique.

Une mémoire honorée
Les signataires rendent hommage à Fatima Hassouna, photojournaliste palestinienne tuée lors d’un bombardement israélien mi-avril. La tribune souligne que « dix de ses proches, dont sa sœur enceinte, ont été tués par cette même frappe israélienne ». Son histoire est intégrée à un documentaire présenté au festival.
La nécessité d’un engagement
Cependant, les artistes expriment leur préoccupation face au manque de soutien visible dans l’industrie cinématographique. Ils évoquent notamment l’absence de réaction de l’Académie des Oscars lorsque le Palestinien Hamdan Ballal a subi une attaque par des colons israéliens après avoir reçu un Oscar pour son documentaire « No Other Land ». Les artistes notent : « Une telle passivité nous fait honte. »
Ils poursuivent en s’interrogeant sur le désintérêt apparent du cinéma pour l’oppression vécue par leurs confrères et consœurs : « Pourquoi le cinéma, vivier d’œuvres sociales et engagées, paraît se désintéresser de l’horreur du réel ? » Leur appel se veut une exhortation à porter les voix des opprimés : « Le cinéma se doit de porter leurs messages. »
Ce mouvement appelle ainsi toute une industrie à reconsidérer son rôle social alors que la situation s’aggrave jour après jour dans cette région meurtrie.