À l’approche de la saison des ouragans, les prévisionnistes sont confrontés à un nouveau défi. À partir du 31 juillet 2025, le ministère de la Défense des États-Unis a décidé d’interrompre la fourniture de données provenant des satellites météorologiques, essentielles pour les prévisions climatiques. Ce changement survient dans un contexte de réduction budgétaire au sein de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
- Le ministère de la Défense des États-Unis arrête la fourniture de données satellitaires à partir du 31 juillet 2025.
- Initialement, la date était fixée au 30 juin 2025, mais a été reportée suite à une demande de la NASA.
- Cette décision affecte les prévisions météorologiques, en particulier pour les ouragans.
- Des scientifiques expriment leur inquiétude concernant l'impact de cette mesure sur la qualité des prévisions climatiques.

Un avis de changement reporté
Initialement, la NOAA avait annoncé que ce changement entrerait en vigueur à partir du 30 juin 2025. Toutefois, suite à une demande formulée par la NASA, cette décision a été temporisée et reportée d’un mois. Dans une note publiée par la NOAA, il était précisé que « le programme de satellite météorologique de défense (DMSP) … interrompra l’ingestion, le traitement et la distribution » des données.
Ce changement s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par des coupes budgétaires au sein de l’agence qui affectent plusieurs programmes scientifiques.
Une destruction systémique ?
Un scientifique anonyme travaillant pour la NOAA a qualifié ces modifications d’« destruction systémique de la science ». Les satellites utilisés depuis quarante ans permettent notamment d’obtenir diverses longueurs d’onde nécessaires pour surveiller les conditions atmosphériques et océaniques.
Kim Wood, scientifique atmosphérique à l’Université de l’Arizona, souligne que ces micro-ondes sont cruciales pour comprendre le fonctionnement interne des tempêtes. Elles fournissent ainsi aux experts les informations nécessaires sur l’intensité et le déplacement potentiel des ouragans.
Un porte-parole du United States Space Force a certifié que bien que les scientifiques n’auront plus accès aux données diffusées par ces satellites, ceux-ci resteront opérationnels pour « suivre les conditions liées aux navires militaires ».
Des préoccupations croissantes parmi les chercheurs
Brian Tang, chercheur spécialisé dans les ouragans à l’Université d’Albany, exprime son inquiétude face à cette situation : « Il est important d’avoir autant de capteurs de données que possible. Cela ne devrait pas se produire maintenant alors qu’il y a tant en jeu concernant nos prévisions naturelles ».
Allison Wing, chercheuse également spécialisée dans ce domaine à Florida State University évoque le risque accru lié au manque d’informations disponibles : « Nous sommes un peu aveugles maintenant. Avec l’augmentation récente en intensité et en fréquence des ouragans rapides », soulignant ainsi qu’il est particulièrement inopportun d’avoir moins d’informations en cette période cruciale.