Naissance et création de la Galerie d’Apollon au Louvre

La Galerie d’Apollon, récente icône du musée du Louvre, tire ses racines d’un incendie majeur qui a ravagé le palais le 6 février 1661. Suite à cette catastrophe, Louis XIV décide de remplacer la « Petite Galerie », héritage d’Henri IV, par une galerie nouvelle, plus majestueuse.
Un projet ambitieux sous l’œil du roi
Confié aux mains expertes de l’architecte Louis Le Vau, le projet devient rapidement un monument à la gloire du souverain. L’ornementation est assurée par Charles Le Brun, Premier peintre du roi. Celui-ci consacre la voûte de la galerie à « la course d’Apollon dans son char à travers le ciel, de l’aurore à la nuit ». Comme l’explique le Musée du Louvre : « Autour de cet axe central, les représentations et les symboles de tout ce qui est influencé par les variations de la lumière et de la chaleur bienfaisante de l’astre solaire (les heures, les jours, les mois, les saisons.) forment un ensemble cosmique ».
Les travaux commencent en 1661 mais s’interrompent en 1679 lorsque Louis XIV délaisse le Louvre pour s’établir à Versailles.
Achèvement tardif des travaux
Il faut attendre près de deux siècles avant que la galerie ne soit totalement achevée en 1850 sous Félix Duban. Trois toiles inachevées laissées par Charles Le Brun sont enfin complétées alors qu’elles avaient été envisagées depuis longtemps. La pièce maîtresse parmi elles est « Apollon vainqueur du serpent Python », réalisée par Eugène Delacroix.
Un hommage collectif
De cette période datent également 28 tapisseries tissées par la manufacture nationale des Gobelins. Ces œuvres figurent des portraits des personnalités importantes ayant contribué au développement et à l’enrichissement architectural des lieux depuis le XVIe siècle jusqu’au XIXe siècle. On y trouve non seulement des artistes comme Le Nôtre ou Louis XIV lui-même, mais aussi quatre rois emblématiques : Philippe Auguste, François Ier et Henri IV.
La Galerie d’Apollon incarne ainsi non seulement le rayonnement artistique voulu par Louis XIV mais elle témoigne aussi de l’engagement collectif qui a permis au Louvre et aux Tuileries de devenir véritables chefs-d’œuvre architecturaux au fil des siècles.