Les jeunes actifs américains revendiquent un équilibre vie-travail face aux licenciements
- La génération Z privilégie l'équilibre vie-travail et le bien-être personnel.
- Elle remet en question la loyauté envers l'employeur et valorise les résultats plutôt que les heures travaillées.
- Les jeunes réduisent leur temps de travail, surtout après la pandémie.
- Leur attitude change la perception du travail comme moyen d'atteindre leurs objectifs personnels.

Alors que les licenciements touchent de nombreuses entreprises aux États-Unis, la génération Z affiche une résistance à la panique. Ces jeunes actifs, moins attachés à leurs employeurs, prônent un modèle professionnel où le bien-être personnel prime sur la dévotion au travail.
Depuis plusieurs mois, le climat économique se durcit pour les travailleurs étasuniens. Malgré cette conjoncture difficile, « même si le marché du travail se durcit, les salariés les plus jeunes se sentent moins liés émotionnellement à leur employeur », précise Jim Harter, chercheur au cabinet Gallup.
À Houston, Nia Joseph illustre ce changement de mentalité. Âgée de 27 ans et réceptionniste dans un cabinet d’ophtalmologie, elle refuse de sacrifier sa vie personnelle pour son emploi. Elle témoigne : « Mes parents se sont usés au travail. Moi, je veux une vie ». Cette prise de conscience lui a permis de participer à des événements sociaux sans culpabilité. Lors d’une fête un dimanche soir, elle est restée jusqu’à deux heures du matin avant une journée professionnelle.
La loyauté ne paie plus
Cette démarche n’équivaut pas à un désengagement mais plutôt à une redéfinition des résultats au travail selon Marcie Merriman, fondatrice du cabinet Ethos Innovation : « La génération X travaille plus pour se protéger quand l’économie va mal. La génération Z considère que la performance ne dépend pas des heures mais des résultats. »
Un sondage réalisé cet été par KPMG révèle que la majorité des stagiaires privilégient l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle par rapport au salaire ou à l’avancement professionnel. Jessica Moran, 24 ans et auditrice chez KPMG dans le New Jersey, partage son expérience : « Pendant mon stage. La plupart en avaient . Ça m’a rassurée. »
Les moins de 35 ans réduisent leur temps de travail
À Los Angeles également, Damaryan Benton met en pratique cette nouvelle philosophie après avoir souffert en considérant qu’il devait travailler tard pour valider sa valeur lors d’un précédent stage. Il raconte : « Un soir j’ai craqué… Mon manager m’a conseillé de faire une pause… Depuis , après 17 heures je ne suis pas sur mon ordinateur. Je n’ai pas besoin de me justifier ».
Une étude menée par Gallup révèle quant à elle que la durée moyenne hebdomadaire du travail aux États-Unis est passée de 44,1 heures en 2019 à 42,9 heures en 2024, avec une réduction notable chez les moins de 35 ans qui travaillent presque deux heures en moins chaque semaine.
Pour ces jeunes qui ont vécu la pandémie et ses conséquences économiques précaires comme cadre historique prédominant dans leur parcours professionnel – « Work is never going to free you so you have to free yourself from work », résume avec force Nia Joseph – ils visibilisent ainsi leur volonté d’évoluer vers un monde où le travail reste un moyen d’atteindre leurs aspirations personnelles plutôt qu’un but ultime.